L’industrie automobile tourne au ralenti à cause de la pandémie de coronavirus. Après Michelin qui a annoncé le 16 mars fermer temporairement 22 sites de production en France, Espagne et Italie, le groupe FCA (Fiat-Chrysler) communique à son tour sur l'arrêt de la majorité de ses usines européennes jusqu’au 27 mars. Huit sites ferment leurs portes: six en Italie, un en Serbie et un en Pologne.
Ferrari avait déjà annoncé le 14 mars la fermeture de son usine de Maranello, en Italie. Seat a mis en chômage partiel les salariés de trois usines situées dans la région de Barcelone, en Catalogne.
Chez PSA, valse hésitation

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Chez PSA, des échanges entre la direction et les syndicats se sont tenus tout le week-end. Ce lundi 16 mars, la tendance était d’abord au maintien de la production. De nouvelles mesures de distanciation avaient été décidées : fermetures des restaurants, doublement des bus transportant les salariés, distribution de masques… Des mesures de prévention jugées insuffisantes par les syndicats, d’autant plus que des cas de Covid-19 avaient été signalés parmi les salariés des sites de Mulhouse, Tremery, Valenciennes et Vesoul.
Finalement, en fin de matinée, la direction a pris la décision de mettre à l'arrêt l’ensemble de ses sites européens jusqu'au 27 mars. Un choix que le constructeur explique par "des cas graves de Covid-19 proches de certains sites de production, des ruptures d’approvisionnement de fournisseurs majeurs, et la baisse brutale des marchés automobiles".
Le site de Mulhouse, situé dans l’un des foyers de l’épidémie, sera le premier à fermer, dans les prochaines heures, tout comme l'usine de Madrid en Esapgne. Les autres suivront tout au long de la semaine. Celui de Sochaux, par exemple, fonctionnera jusqu'au 17 mars à 5h, celui de La Janais près de Rennes jusqu'au 17 mars 21 heures... L'arrêt de la production est prévu à Poissy ce même 17 mars, et à Hordain le mercredi 18. Pour les sites de Saragosse (Espagne), Eisenach, Rüsselsheim (Allemagne), Ellesmere Port (Royaume-Uni), Gliwice (Pologne), la fermeture est prévue le 17 mars. Pour Vigo (Espagne) et Mangualde (Portugal) le 18. Et à Luton (Royaume-Uni) et Trnava (Slovaquie), le 19.
"Nous avons été entendus par la direction sur la nécessité de prendre des mesures qui préservent la santé des salariés et de leurs familles", commente Olivier Lefebvre, délégué FO.
Les syndicats réclament désormais que la rémunération des salariés soit maintenue. A Sochaux, la CGT insiste sur la situation des intérimaires, qui risquent d’être les premières victimes de la crise. Le syndicat demande que leurs contrats soient maintenus durant la suspension de la production.
Renault ferme ses usines, d'abord en Espagne, puis en France
Du côté de Renault, la tendance dans la matinée était de laisser les usines ouvertes. Le groupe "monitore la situation heure par heure", indiquait-t-il à L'Usine Nouvelle. "Renault adapte ses moyens de production aux mesures prises par les autorité pour garantir la sécurité de ses collaborateurs et faire face à l'absentéisme prévisionnel sur les sites industriels", a déclaré le constructeur à Reuters. "Les usines du groupe travaillent sur différentes organisations du travail pour assurer la continuité des activités."
Finalement, la décision a été prise dans l'après-midi de fermer toutes les usines françaises dès ce 16 mars dans la soirée. 12 sites et 18 000 salariés sont concernés en France. "Le Groupe prévoit de redémarrer l’activité de production dès que les conditions le permettront et mettra en œuvre les mesures appropriées pour répondre efficacement à la demande commerciale", indique-t-il dans un communiqué.
Plusieurs syndicats, notamment sur les sites de Cléon et Sandouville, avaient tiré la sonnette d'alarme ce week-end, indiquant qu'il était impossible de maintenir une distance minimale d'un mètre entre les ouvriers sur les lignes de production.
Les quatre usines du groupe en Espagne, à Palencia, Séville et Valladolid, ont également été mises à l'arrêt ce 16 mars, à la fois pour des problèmes d’approvisionnement et pour protéger les salariés dans ce pays durement touché par l’épidémie. Il est peu probable que la production puisse reprendre dans les jours à venir.
Les quatre usines Renault Trucks à l'arrêt
La filiale poids-lourd du groupe Volvo Renault Trucks annonce ce 16 mars que ses quatre usines françaises sont arrêtées. "Les sites de Lyon, Bourg-en-Bresse, Blainville-sur-Orne et Limoges qui rassemblent 4 500 salariés seront fermés jusqu’à nouvel ordre, en fonction de l’évolution de la situation sanitaire", indique l'entreprise. Mais les services de dépannage et les ateliers de réparation restent ouverts "parce que le rôle des transporteurs est primordial pour approvisionner les établissements de santé et les commerces de première nécessité".
Toyota suit
Chez Toyota, à Onnaing, une des plus grandes usines automobiles de France, la tension était palpable ce 16 mars. Un CSE a eu lieu le 15 mars et des mesures sanitaires supplémentaires ont été mises en place mais la production n'a pas été interrompue, dans un premier temps. Les syndicats réclamaient un arrêt de l'usine pour protéger les salariés. L'usine compte 4500 salariés répartis en trois équipes. Finalement, les syndicats ont obtenu gain de cause en fin de journée : l'usine sera mise à l'arrêt à partir du 18 mars à 5h30 pour une durée indéterminée.



