CorWave passe à la vitesse supérieure. En pleine phase d’industrialisation de ses pompes cardiaques de nouvelle génération, l’entreprise francilienne de medtech annonce mardi 20 juin la finalisation d’un tour de table de série C, d’une valeur totale de 61 millions d’euros. Entamée en 2021, la levée de fonds est complétée par un nouvel apport de 26 millions issu du fonds industriel SPI de Bpifrance, à hauteur de 15 millions, et d’une enveloppe de 11 millions provenant en grande partie de deux industriels : Exor Ventures, contrôlé par la famille Agnelli, actionnaire phare de Stellantis notamment, et le belge Vlerick Group, impliqué par exemple dans les textiles et la métallurgie. De quoi ravir Louis de Lillers, directeur général de CorWave, qui souhaitait « absolument embarquer » dans l’aventure « des investisseurs ayant une compréhension très fine de l’industrie ».
L’intérêt pour ce profil d’actionnaires semble cohérent avec la phase de développement de la société française, actuellement focalisée sur son industrialisation. CorWave, qui recense aujourd’hui 70 salariés, a emménagé en juillet 2022 dans de nouveaux locaux à Clichy (Hauts-de-Seine), regroupant sur 2 400 m2 son siège, son centre de R&D et son usine. Celle-ci se déploie aujourd’hui sur 833 m2 avec salles blanches, atelier de mécanique, bancs d’essai et espaces de stockage. « L’essentiel de l’outil industriel est déjà installé, nous sommes dans les phases d’installations des machines et de qualification des procédés », indique Louis de Lillers. Lequel cite « de la soudure laser, de l’usinage de précision, des revêtements anti-thrombotiques, et des procédés assez complexes puisqu’on travaille à l’échelle du micron, à l’échelle des globules rouges ». Par ailleurs, CorWave s’appuie sur une chaîne d’approvisionnement à 90% basée en France, comme pour le boîtier électronique externe des pompes cardiaques, avec des partenaires et sous-traitants industriels intervenant dans des secteurs de pointe comme les technologies médicales ou même l’aéronautique.
Jusqu'à 1 000 pompes cardiaques par an
L’usine est dimensionnée pour une capacité de 1 000 pompes par an, et dotée d’options pour agrandir la surface productive. Le travail s’appuiera d’abord sur « une logique de lots : des lots de pré-série pour qualifier la pompe, ensuite les premiers lots implantables dans le cadre des essais de faisabilité, puis pour les essais cliniques pivots destinés à obtenir les autorisations de mise sur le marché, avant la phase de routine de production commerciale », décrit Louis de Lillers, qui ne se risque pas à révéler de calendrier. Le dirigeant évoque simplement un « ordre de grandeur de trois ans une fois que l’on sera en développement clinique ». Techniquement, ce développement clinique nécessitera trois essais principaux. Le premier, de faisabilité, qui comprend l’implantation chez de premiers patients, devrait se dérouler dans plusieurs centres en Europe. Les essais pivots seront au nombre de deux, l’un en Europe et le second aux Etats-Unis, pour la précieuse autorisation américaine, sur le plus grand marché au monde de la medtech.
CorWave estime pouvoir se faire une place de choix dans le marché mondial des pompes cardiaques, destinées aux personnes atteintes d’insuffisance cardiaque. Louis de Lillers veut faire de son entreprise « un leader mondial », confiant dans un produit qu’il présente comme étant « très en rupture ». CorWave se distingue de tous ses concurrents sur le marché grâce à sa technologie de pompe à membranes ondulantes produisant un débit pulsé. Un dispositif qui permettrait pour la première fois aux patients de vivre avec une pompe capable de s’adapter à leurs activités, et donc de suivre toute variation de rythme cardiaque, au lieu de fonctionner sur un rythme uniforme. De quoi aider les patients à mener une vie presque normale et réduire les complications habituelles, comme les risques d’AVC ou d’hémorragies, voire même favoriser la rémission. Le concept semble séduisant. Environ 400 centres dans le monde seraient en mesure d’implanter des pompes cardiaques, selon CorWave. Et Louis de Lillers affirme avoir « déjà reçu des lettres d’intention de centres représentant 30% du marché européen ».



