Quatrième sucrier européen et deuxième producteur français, Cristal Union (2 000 personnes, 9 000 coopérateurs) a fait état d’une baisse de son chiffre d’affaires de 6 % sur l’exercice 2019-2020, à 1,6 milliard d’euros. La perte se chiffre à 89 millions d'euros sur l’exercice.
"Les marchés étaient au plus bas historique", rappelle le groupe, qui a fermé deux sites l’an dernier en France à Bourdon (Puy-de-Dôme) et à Toury (Eure-et-Loir). Le transfert d’activité permettra aux sites de Pithiviers (Loiret) et de Corbeilles-en-Gâtinais (Loiret) de repasser la barre des cent jours de campagne.
Des ventes en hausse pendant le confinement
Pour autant, le groupe se félicite d’avoir plutôt bien traversé le confinement. Ses ventes auprès de la grande distribution ont progressé de 50 % durant le confinement. Certains sites ont arrêté leur production d’éthanol, faute de demande, et ont produit de l’alcool à usage pharmaceutique. Cristal Union n’a pas l’intention de recourir au prêt garanti par l’Etat.

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Pour la prochaine campagne, le propriétaire des marques Daddy et Erstein ambitionne de rémunérer ses planteurs à un prix indicatif de 23 euros la tonne pour la récolte qui est en terre aujourd’hui ; mais près de 25 % seront payés au prix de 25 euros la tonne grâce à une "prime de fidélité".
Recentrage sur l’Europe
Malgré une chute des cours mondiaux, les cours européens du sucre sont remontés en flèche, de 314 euros la tonne en moyenne en mars 2019 à 374 euros la tonne en mars 2020, selon la Commission européenne. Sur le périmètre incluant la Belgique, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et les Pays-Bas, la hausse se chiffre à 19,3 %.
"Nous avons une volonté de reprendre des parts de marché. Il faut rester compétitifs et développer de nouvelles offres dans l’Union européenne. Nous comptons réduire notre position à l’export et nous renforcer sur le marché européen", commente Olivier de Bohan, président du conseil d’administration de Cristal Union.
Le sucrier a l’intention de poursuivre son adaptation à un contexte de marché nouveau, dans lequel les prix bas du pétrole tirent à la baisse ceux des matières de base des agrocarburants. "Les cours du sucre, à moyen terme, ne représenteront pas les 20 cents la livre que nous avons connu il y a sept à huit ans, et s’établiront davantage vers les 14 cents la livre. Aujourd’hui, les cours du pétrole restent un plafond pour les cours du sucre, et tant qu’ils n'atteindront pas un niveau raisonnable - du moins pour notre activité - de 50/60 dollars, nous aurons du mal", estime Xavier Astolfi, directeur général adjoint.
D’après l’Organisation internationale du sucre, le marché mondial terminerait la campagne 2019-2020 en déficit de 9,435 millions de tonnes (Mt), le plus important depuis onze ans. La dernière campagne déficitaire enregistrée était 2016-2017 (-3,6 Mt). La faute à de mauvaises récoltes de canne à sucre en Inde et en Thaïlande, en raison de conditions météorologiques défavorables. La Thaïlande a connu sa pire sécheresse en quarante ans.



