Comment le gouvernement compte enrayer la crise de l'économie circulaire du textile

Des filières de réemploi submergées par des vêtements de mauvaise qualité, une capacité de recyclage embryonnaire, des débouchés limités à l'export... Le ministère de la Transition écologique a annoncé le 16 mai la validation de l'affichage environnemental volontaire par la Commission européenne et la révision du cahier des charges de Refashion, éco-organisme du secteur. Avec l'objectif d'atténuer les effets de la crise du textile.

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VADF Navir textile jean
Pour lutter contre le fléau de l'ultra fast fashion, le gouvernement souhaite en limiter la consommation, et renforcer les capacités de recyclage en France.

Le gouvernement français veut renforcer l’économie circulaire du textile. Face à l’augmentation constante des ventes de l’habillement en France, qui ont bondi de 40% en une quinzaine d’années, et la perte de débouchés pour les vêtements de seconde main en Afrique, à cause de l’ultra fast-fashion et la surconsommation qu’elle implique, l’industrie du recyclage du textile est à la traîne et les réseaux de collectes de vêtements, comme Emmaüs et le Relais, sont submergés.

Réduire les déchets à la source

Pour lutter contre ce fléau, le ministère de la Transition écologique compte agir sur deux axes principaux : la réduction des déchets textiles et le traitement des dits déchets. Le premier axe passe par l’affichage environnemental, qui vient d’être validé par la Commission européenne, et attend encore une validation du Conseil d’État, dans le but de «sécuriser l’architecture des textes» selon le ministère. Toutefois, la Commission européenne «a précisé qu’elle validait le dispositif, notamment parce qu’il est volontaire», ce qui veut dire que le caractère obligatoire de l’affichage, demandé par les organisations professionnelles du secteur, ne verra pas le jour, pour l’instant.

Le gouvernement soutient également la proposition de loi visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile, dite «anti fast-fashion», déposé par la députée Anne-Cécile Violland (Horizons) et adoptée par l’Assemblée nationale le 14 mars 2024. Son examen par le Sénat, très attendu par le secteur, aura lieu le 2 juin 2025.

Révision des missions de l’éco-organisme

Mais la mesure la plus importante dévoilée par le ministère est de donner le pouvoir à Refashion, éco-organisme des textiles d’habillement, linges de maison et chaussures, «d’investir dans des infrastructures industrielles de tri et de recyclage des déchets». Jusque-là, l’éco-organisme se concentrait uniquement sur le financement des opérateurs de tri, et ne pouvait investir dans des projets. Toutefois, cet investissement se fera sous forme de subvention, à la manière de l’Ademe.

Cette mesure, elle aussi attendue de longue date par les professionnels du secteur, devra tout de même faire face à un défi immense. «Nous avons un déficit de l’ordre de 100000 à 150000 tonnes de déchets textiles pour le tri et un montant similaire pour le recyclage. Les investissements se chiffreront donc en dizaines de millions d’euros», estime le ministère. Mais il faudra encore un peu attendre pour que ces investissements prennent forme : les concertations en vue de réformer le cahier des charges de l’éco-organisme débuteront la semaine prochaine, pour une mise en application espérée début 2026.

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