En 2023, les retards de trains étaient liés pour 2% aux aléas climatiques, mais ceux dépassant plus de trente minutes atteignaient 12%. «Les événements climatiques extrêmes sont une réalité à laquelle nous sommes confrontés depuis longtemps, rappelle Muriel Signouret, la directrice RSE du groupe SNCF. Nous sommes le deuxième propriétaire foncier en France avec 12 millions de m² de bâti, 28000 kilomètres de lignes et 3000 gares. Mais aujourd’hui, les aléas climatiques sont plus fréquents et plus extrêmes.»
A la fin de l'été, SNCF Réseau a publié une note stratégiques sur le sujet déclinée en trois parties : l’évaluation des risques, les objectifs stratégiques de moyen terme et une feuille de route sur la période 2024-2026. Elle doit présenter son plan d'adaptation du gouvernement avant la fin de l'année.
Il n’y a pas de projet de déplacer des lignes ferroviaires d’ici à 2050. La solution serait plutôt de construire des digues ou des enrochements de la côte plutôt qu’une nouvelle infrastructure remplaçant une existante. Des réflexions sont en cours.
Matériels plus résistants
Déjà, les nouveaux matériels installés (caténaires, appareils de signalisation et rails soudés) résistent mieux à la chaleur. Les voies construites dans les zones les plus inondables sont maintenant surélevées grâce à des viaducs, à l’instar de la ligne à grande vitesse Nîmes-Montpellier. Pour les autres voies, la SNCF demande par exemple aux agriculteurs de ne pas creuser de sillons en direction du chemin de fer, afin d’éviter les risques d’inondation. «Sur les nouveaux projets et la régénération du réseau, nous intégrons les incertitudes associées à l’évolution du climat, poursuit Muriel Signouret. Nous construisons aussi des gares avec le souci d’offrir un meilleur confort thermique à nos voyageurs, en limitant par exemple les surfaces vitrées. Enfin, nous menons différentes expérimentations comme les toits peints en blanc sur certains sites, ou la végétalisation comme au technicentre de Rennes. Au-delà de ces investissements, nous intensifions nos campagnes de surveillance pour limiter les risques d’inondations, d’éboulements de terrain ou encore d’incendies liés à la végétation.»

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3736 - Novembre 2024



