Comment la loi Alimentation a permis aux industriels de la charcuterie de maintenir la tête hors de l'eau

La hausse des prix du porc engendrée par la peste porcine en Chine en 2019 pourrait s'inscrire dans la durée, estime la Fédération des industriels charcutiers-traiteurs. 

Réservé aux abonnés
Image d'illustration de l'article
Les recettes sans additifs sont en constante augmentation dans les rayons charcuterie.

"La hausse des prix du porc semble partie pour durer", estime Bernard Vallat, président de la Fédération des industriels de la charcuterie. En 2019, touchés par la peste porcine qui a décimé près de 20% du cheptel mondial, les cours du porc à la découpe ont bondi de près de 140%. 

Mécanismes de la Loi Alimentation

Dans un secteur où les marges des industriels sont parmi les plus faibles et où l'achat de la matière première représente plus de la moitié des coûts des industriels, les transformateurs de la charcuterie ont compté sur les mécanismes de la loi Alimentation pour renégocier les contrats avec les distributeurs. "La loi Alimentation a institué la possibilité de publier des indicateurs incontestables sur l'évolution des prix", a souligné Bernard Vallat. Face à ces chiffres, les distributeurs ont accepté de renégocier les contrats qui avaient été signés avant le début de la peste porcine alors que les cours du porc étaient historiquement bas.

Décalage entre le prix du porc et la découpe

Vos indices
Indices & cotations
Tous les indices

A la même période en 2019, la FICT craignait qu'un tiers de ses 310 membres ne soient dans l'obligation de mettre le clef sous la porte sans cette mesure. "Ces nouveaux accords ont permis d’éviter la disparition de savoir-faire uniques au monde implantés dans tous les terroirs de France", se satisfait aujourd'hui Bernard Vallat. 

L'épidémie de Covid-19 a mis un terme à cette croissance puisque entre septembre 2019 et mai 2020, les prix du porc ont baissé de près de 20%. Cette baisse ne s'est toutefois pas fait sentir sur les cours des pièces en découpe. Un décalage qui, pour Bernard Vallat, serait dû à des pressions particulièrement fortes de la part des pays asiatiques sur certaines pièces comme le maigre de porc.

Les professionnels du secteur n'hésitent d'ailleurs pas à évoquer, d'ores et déjà, un nouveau recours au mécanisme de la loi Alimentation si ce décalage persistait. "La clause de révision des contrats en fonction du prix des matières premières va être une disposition essentielle à la fois pour la survie des entreprises mais aussi pour la bonne santé des entreprises de distribution", précise Bernard Vallat. 

Demande chinoise encore forte en 2020

La Chine, qui s'est lancée dans une vaste opération pour reconstituer son cheptel, ne devrait pouvoir revenir à son niveau de production antérieur qu'à la fin de l'année 2020. "Nous pensons que la demande asiatique sera encore très forte en 2020 et début 2021", précise le responsable.

Pour répondre à ce débouché, 13 établissements de charcuterie, en plus des huit déjà homologués, sont en train d'être évalués par les autorités chinoises. L'objectif est d'obtenir l'agrément pour vendre leurs produits en Chine.

Sur ce front, la FICT salue également la décision chinoise de déléguer les évaluations des établissements français aux services vétérinaires hexagonaux.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Les webinars
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
44 - La Baule-Escoublac
Date de réponse 11/05/2026
Trouvez des produits et des fournisseurs