Comment l'opérateur de services essentiels Teréga compte migrer 90% de son informatique sur le cloud public

Alors qu'il est un opérateur de services essentiels, le gestionnaire de réseau de gaz Teréga travaille à la migration de 90 % de son informatique sur le cloud public. Avec, à la clé, une simplification de son système d’information et une réduction substantielle des coûts. Seule l’informatique liée à son métier de transit du gaz va rester en interne.

 

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Teréga installation de gaz
La gestion de réseaux de gaz, métier de Teréga.

Teréga est l’exemple type d’une ETI qui a choisi de miser à fond sur le cloud public pour sa transformation numérique. Cet opérateur régional de gestion de réseau de gaz, qui compte 650 personnes et affiche un chiffre d’affaires de 500 millions d’euros en 2019, se targue de résultats pour le moins spectaculaires: une simplification du système d’information, une amélioration de la fiabilité et de la qualité de service, et une réduction des coûts d’exploitation de son informatique par un facteur sept à huit, selon Daniel Widera, directeur de la transformation, du digital et de la performance.

Les applications standards migrées vers le SaaS

La démarche a été lancée en 2016 sous l’impulsion du PDG, Dominique Mockly. L’entreprise s’appuyait alors sur un datacenter redondant à son siège à Pau, dans les Pyrénées Atlantiques, complété par de l’infogérance chez notamment SFR. " Nous avions une informatique trop obèse qui ressemblait à celle d’une grande entreprise, explique Daniel Widera à L’Usine Nouvelle. Elle résultait de plusieurs regroupements avec des solutions diverses et chères qui fonctionnaient mal entre elles. » L’un de objectifs était de rationaliser tout cela, avec un mot d’ordre : il faudrait que ce soit au bureau comme à la maison ".

Teréga Daniel Widera, DSITeréga
Teréga Daniel Widera, DSI Teréga Daniel Widera, DSI

Daniel Widera, DSI de Teréga (Crédit photo: Teréga)

La première règle a été de faire le tri entre les applications et basculer toutes celles standards vers des solutions de logiciel à la demande (SaaS pour Software as a service). C’est ainsi que la gestion des ressources humaines est passée sur Wordday, de la finance sur Tidemark, des achats sur Coupa ou encore de la messagerie sur G Suite de Google. "Nous voulons en finir avec les progiciels du passé, souligne Daniel Widera. La messagerie a été la première application à migrer en avril 2017. Le passage d’Office à G Suite a été particulièrement traumatisant, du fait des habitudes créées par le PC et Office. Nous avons migré notre système d’information géographique et nous pensons terminer cette année ce chapitre avec la migration de la GMAO (gestion de maintenance assistée par ordinateur) et de la logistique qui sont encore sur le système SAP."

Choix d'Amazon et Google pour l'infrastructure

Voilà pour les applications standards. Concernant l’infrastructure, l’objectif était de s’affranchir complètement des services d’infogérance et de réduire au maximum la taille du datacenter interne en passant sur le cloud d’Amazon Web Services (AWS) et celui de Google. "Nous avons choisi de nous appuyer sur AWS pour le développement de nos services spécifiques et différenciants ainsi que pour les bases de données et les API, et nous orienter plutôt vers Google pour nos besoins de collaboration, de data et de reporting, précise Daniel Widera. Le lac des données est partagé sur les deux plateformes cloud. Dans les faits, cela revient à utiliser AWS pour 75 % de nos besoins et Google pour les 25 % restants. "

La migration de Teréga vers le cloud public est limitée par son statut d’opérateur de services essentiels. L’entreprise a dû mener des discussions approfondies avec l’Anssi, l’agence nationale de sécurité des systèmes d’information, pour délimiter le périmètre du système d’information à conserver en interne. "Nous nous trouvons avec deux mondes, note Daniel Widera. D’un coté, le système lié à notre métier de transit de gaz. Nous voulons le réduire à sa pure expression et le garder dans la cave. Tout le reste doit partir dans le cloud."

Finie l'infogérance

Teréga ne fait plus appel à l’infogérance. La partie conservée dans le datacenter interne représente 20 à 25 % du système d’information total de l'entreprise. Elle doit passer à 10 % une fois que le travail de rationalisation des systèmes de contrôle-commande industriels sera achevé cette année. Daniel Widera veut profiter du passage chez Google pour la messagerie et la collaboration en remplaçant, sur les postes de travail, le PC par un Chromebook, un ordinateur portable épuré (sans logiciels applicatifs ni données en local) connecté sur le cloud de Google. L’opération débute par une centaine de managers avec notamment des Chromebook d’Acer. L’objectif est de donner l’exemple avant de généraliser le déploiement aux 1 300 postes de l’entreprise et de ses partenaires.

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