Bouverat-Pernat mise sur les matériaux du futur
Décolleteur de pièces techniques, en aluminium notamment, Bouverat-Pernat se diversifie dans la céramique et les composites à matrice céramique (CMC).
Pascal Guittet Fort de cette stratégie, il veut s’appuyer sur le plan France Relance pour équiper un nouvel atelier qui sera dédié à l’usinage de ces matériaux innovants. Le bâtiment, une extension de 1 500 mètres carrés de son usine de Marnaz, est autofinancé.Les subventions, elles, doivent soutenir l’achat d’équipements d’usinage, mais aussi des presses isostatiques pour la céramique et des fours de frittage pour traiter les matériaux. Visant à court terme le marché du médical, puis ceux du spatial et de l’aéronautique, la société estime que cette nouvelle activité créera 25 emplois directs, et 25 indirects chez les partenaires et sous-traitants, au cours des cinq prochaines années.
Clufix adapte sa production à l’électrique
Guittet Pascal Situé dans la zone industrielle de Cluses, Clufix produit 100 millions de pièces par an, des systèmes de fixations standard et personnalisés vendus à 80 % dans l’automobile. Le fonds de modernisation du plan France Relance va lui permettre d’acquérir une machine spéciale de déformation à froid numérisée, qui servira à fabriquer des fixations adaptées à l’isolation des voitures électriques, un axe de croissance développé par son PDG, Éric Massebeuf.
Le fonds soutient aussi le remplacement de la machine de lavage des pièces, qui a plus de vingt ans. Une modernisation synonyme d’économies : la nouvelle machine ne mobilisera qu’une personne en journée, contre une présence en trois huit aujourd’hui. En ajoutant deux autres machines et la R & D, Clufix investit 960 000 euros, subventionnés à hauteur de 770 000 euros.
Pracartis automatise l’affûtage manuel
Guittet Pascal Ancien menuisier d’art, un homme vêtu de noir affûte son outil au bruit de la meule. Loupe dans une main et pièce dans l’autre, il vérifie ensuite la forme et les cotes. Autant de tâches manuelles que Ham France, à Peillonnex, entend automatiser. Le groupe Pracartis, sa société mère, voit dans le fonds de modernisation un soutien bienvenu pour investir dans de nouvelles machines à commandes numériques pour le taillage et l’affûtage.
Investi avec Savoy International et d’autres partenaires locaux dans un projet de vélo électrique en libre-service, le spécialiste en solutions d’usinage va aussi bénéficier de subventions pour financer sa R & D et le développement de machines spéciales, réalisées sur mesure. Des projets nés avant la crise que les aides de l’État permettent de maintenir.
Baud industries vise le zéro défaut
Guittet Pascal Dans l’usine de Baud Industries, à Vougy, plusieurs machines sont en cours d’installation, financées par le fonds de modernisation. L’une sert au contrôle géométrique des pièces et à vérifier la conformité du taraudage. Une opération jusque-là manuelle et longue, car les défauts se voient difficilement à l’œil nu. Il faut donc visser et dévisser la pièce pour les apercevoir.
À côté, « une machine de guerre », selon les termes du directeur des opérations, Franck Lesigne. Elle vise à automatiser le contrôle visuel de pièces : des clichés photos sont pris directement dans la machine et traités en temps réel par des algorithmes d’intelligence artificielle. « Il s’agit de contrôler des mini-pièces pour les systèmes d’injection, pour lesquelles l’exigence est semblable à celle que l’on retrouve dans l’horlogerie », souligne Franck Lesigne. Avec ces deux investissements, Baud Industries compte gagner aussi bien en qualité qu’en productivité.



