Comment ADP prévoit de faire circuler des taxis volants à Paris pour les JO 2024

Le directeur général exécutif d'ADP, Edward Arkwright, a assuré mardi 20 juin que les taxis volants seraient bien «au rendez-vous» pour les jeux Olympiques de Paris. L'un des partenaires du groupe, la start-up allemande Volocopter, espère obtenir au printemps 2024 la certification européenne qui lui permettra d'opérer des vols commerciaux avec son eVTOL.

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Volocity Bourget 2023 Volocopter
Le VoloCity est capable de transporter un pilote et un passager à 110 km/h sur une distance maximale de 35 kilomètres.

Autrefois cantonnés aux romans de science-fiction, les taxis volants s'apprêtent à devenir une réalité bien tangible pour les Parisiens. Lors d'une conférence de presse organisée mardi 20 juin à l'occasion du Salon du Bourget, le groupe ADP a confirmé la concrétisation prochaine d'un projet dévoilé lors de la dernière édition du salon, en 2019. Ces appareils seront «au rendez-vous pour les jeux Olympiques de 2024», promet le directeur général exécutif du gestionnaire des aéroports de Paris, Edward Arkwright.

Pour atteindre son objectif, ADP s'est entouré de partenaires de premier plan, parmi lesquels la RATP, la région Ile-de-France, le constructeur d’eVTOL allemand Volocopter et Skyports, spécialiste britannique des vertiports (terminaux pour taxis volants). Depuis 2021, ils mènent ensemble de multiples campagnes d'essais dans une infrastructure installée à Pontoise (Val-d'Oise), présentée comme le premier vertiport européen. «Plus de 20 vols totalisant 200 kilomètres ont été réalisés», indique Edward Arkwright.

Une certification prévue pour le printemps 2024

Si près d'une dizaine d'eVTOL différents sont exposés lors du Salon du Bourget, le VoloCity de la start-up Volocopter devrait être le seul à fendre les cieux parisiens lors des JO. Capable de transporter un pilote et un passager à 110 km/h sur une distance maximale de 35 kilomètres, cet appareil de 700 kg est équipé de 18 rotors et de 9 batteries lithium-ion. Plus que ses caractéristiques ou que son design à la frontière entre le drone et l'hélicoptère, c'est surtout l'état d'avancement de l'entreprise sur le plan réglementaire qui a séduit l'écosystème parisien.

«Nous sommes confiants dans notre capacité à obtenir d'ici au printemps 2024 le feu vert de l'Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) pour opérer des vols commerciaux», s'enthousiasme le PDG de la pépite allemande, Dirk Hoke, en précisant qu'elle deviendrait ainsi le premier constructeur à décrocher ce précieux sésame. Le dirigeant a d'ailleurs tenu à rassurer les riverains et les futurs passagers quant à la sûreté de son taxi volant. «La marge d'erreur de VoloCity ne prévoit qu'un seul accident pour un milliard d’heures de vol, ce qui correspond au même niveau d'exigence qu'un appareil commercial de type Airbus A320», rapporte-t-il.

Un vertiport sur la Seine

Au-delà de l'appareil en lui-même, les partenaires ont également fourni plus de détails concernant les infrastructures nécessaires au développement d'un tel projet. Trois routes expérimentales seront mises en place, avec un début des travaux prévu pour l'été 2023. Elles relieront l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle à celui du Bourget, ainsi que l'héliport d'Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) à l'aérodrome de Saint-Cyr-l'Ecole, près de Versailles (Yvelines), et à Austerlitz, dans le sud-est de Paris. Un vertiport sera ainsi installé sur une barge amarrée à un quai de la Seine, financé par la région Ile-de-France à hauteur d'un million d'euros.

Le système de réservation des trajets doit encore être défini, le dirigeant de Volocopter avançant plusieurs pistes, comme une application dédiée ou un dispositif de vente en ligne. Les partenaires doivent encore également statuer sur le prix des billets, mais le PDG d'ADP, Augustin de Romanet, avait évoqué mi-mai sur Franceinfo des courses «de l'ordre de 110 euros». «Nous vendrons quelques milliers de billets», avait-il estimé.

Des usages sanitaires

Les partenaires de ce projet veulent en effet croire que les taxis volants susciteront un engouement massif, malgré les craintes quant à leur viabilité. Ils travaillent d'ailleurs main dans la main avec la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), afin de garantir la compatibilité avec le trafic aérien et de minimiser les nuisances visuelles et sonores. Son directeur général, Damien Cazé, précise que les appareils emprunteront des couloirs aériens déjà utilisés par les hélicoptères, d'ailleurs en moyenne quatre fois plus bruyants que le VoloCity, selon VoloCopter.

L'expérimentation prendra fin dès lors que les Jeux Olympiques seront terminés, mais un retour d'expérience sera mené afin d'envisager une potentielle pérennisation de ce mode de transport. «Parallèlement, nous avons commencé à travailler avec l'AP-HP pour tenter de définir des cas d'usages sanitaires, rapporte Edward Arkwright. Les eVTOL pourraient transporter des greffons, du personnel médical ou des blessés. Nous allons comparer les temps de trajet afin de déterminer les solutions les plus efficaces. Une minute de gagnée, c'est 7 à 10% de chances de survie en plus».

Pour préparer l'avenir, ADP prévoit également d'élargir sa gamme de partenaires. Jeudi 22 juin, le groupe a signé un accord avec la start-up AutoFlight afin qu'elle puisse elle aussi tester ses taxis volants, cette fois sans passager, lors des JO 2024. Fondée en 2017 et installée à Shangai, la société mènera des essais sur le vertiport de Pontoise. Elle vise une autorisation pour son eVTOL cargo en 2024 en Chine et espère conquérir le marché européen du transport de personnes dès 2027.

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