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[En images] L’arrivée des taxis volants à Paris se précise, le rôle d’Airbus et de Thales aussi

La zone de tests des premiers taxis volants parisiens a été inaugurée à l’aérodrome de Pontoise (Val-d’Oise), par la Région Ile-de-France, ADP et le groupe RATP. Les industriels, dont Airbus et Thales, vont s’atteler à rendre les premiers vols pré-commerciaux possibles pour les JO de 2024.

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Vertiport ADP Paris Charles de Gaulle taxi volant
Le groupe ADP prévoit d'installer un vertiport vers 2025 au niveau de l'aéroport Paris-Charles de Gaulle. Les taxis volants débarquent dans la capitale.

Les taxis volants s’apprêtent à entrer dans Paris. Lancé lors du salon aéronautique du Bourget en 2019, le projet visant à déployer des solutions de nouvelle mobilité aérienne urbaine dans la capitale vient de passer un nouveau cap. La région Ile-de-France (via l’agence Choose Paris Region), ADP et le groupe RATP ont inauguré, vendredi 26 novembre, la zone de tests dédiée à ces véhicules électriques à décollage et atterrissage vertical (eVTOL, en anglais) au niveau de l’aérodrome de Pontoise-Cormeilles-en-Vexin (Val d’Oise).

Vertiport Pontoise Taxi volantSkyports groupe ADP
Vertiport Pontoise Taxi volant Vertiport Pontoise Taxi volant

Le spécialiste des infrastructures Skyports a ébauché un modèle de vertiport pour Pontoise. Crédit : Skyports groupe ADP.

C’est sur cet aérodrome, situé à 35 kilomètres au nord-ouest de Paris, que la trentaine d’industriels et d’opérateurs associés à ce projet va mener dans les prochains mois une série d’expérimentations en conditions réelles visant à assurer une parfaite intégration de ces taxis volants dans un environnement urbain particulièrement dense. Impact acoustique, acceptabilité sociale, sécurité aérienne, infrastructures…

Avec pour objectif affiché de proposer des vols pré-commerciaux pour les jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 : entre l’héliport de Paris-Issy-les-Moulineaux et l'aérodrome de Saint-Cyr et entre les aéroports de Paris-Charles de Gaulle et Le Bourget et un site au centre de Paris restant à déterminer. « L’imaginaire collectif issu des films de science-fiction devient réalité », s’est enthousiasmé Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, chargé des Transports.

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Airbus et Thales montent à bord

Fait marquant : alors qu’Airbus avait semblé prendre ses distances avec le projet, l’avionneur est de nouveau dans la course. Le groupe a pour l’occasion présenté la maquette de CityAirbus NextGen, le taxi volant dévoilé en septembre dernier. C’est avec cet appareil que l’avionneur pourrait assurer les premiers services commerciaux dans le cadre de ce projet. Son premier vol devrait avoir lieu en 2023 et sa certification en 2025. Mais Airbus n’est pas le seul constructeur à participer à l’aventure : le français Ascendance Flight Technologies, le britannique Vertical Aerospace, les allemands Volocopter et Lilium, le slovène Pipistrel ainsi que l’américain Joby Aviation – nouvel arrivé dans le projet – sont aussi de la partie.

Maquette CityAirbus NextGenAirbus
Maquette CityAirbus NextGen Maquette CityAirbus NextGen (Cara-Irina Wagner Foto Hirsch)

Airbus a dévoilé la maquette de CityAirbus NextGen. Crédit : Airbus

Du côté de l’intégration dans l’espace urbain et aérien, Thales a également dévoilé les briques technologiques qu’il compte mettre en œuvre. Le groupe a présenté ses solutions logicielles anticollision, testées grandeur nature le jour de l’inauguration. « Des algorithmes analysent les données issues de différents capteurs et établissent une cartographie de l’espace aérien », détaille Marie-Pierre Guilbert, responsable ligne de produits anticollision chez Thales. Un système qui pourrait être mis sur le marché à l’horizon 2025. Et le groupe imagine aussi pouvoir fournir des solutions de gestion du trafic aérien, des systèmes avioniques et autres équipements de contrôle.

De fortes attentes

Les industriels vont devoir se retrousser les manches pour donner corps aux ambitions des instigateurs du projet, aux côtés de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC). Si l’appel à manifestations d’intérêt international, lancé en octobre 2020, avait permis en janvier 2021 de déterminer les lauréats, il faut désormais passer à une étape plus opérationnelle. « Ces engins feront partie de notre offre globale de mobilité », a assuré Catherine Guillouard, la PDG du groupe RATP, qui va mettre à profit son laboratoire dédié à la mesure acoustique des métros et RER pour les taxis volants. Pour la dirigeante, ces aéronefs devront pouvoir concurrencer les VTC haut de gamme, avec un tarif proche d’une centaine d’euros.

Même envie apparente d’accélérer le rythme au sein d’ADP. Le gestionnaire des aéroports franciliens prévoit d’édifier un premier vertiport à proximité du Terminal 1 de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle entre 2025 et 2026. « Nous allons faire naître le premier vertiport européen », a assuré Augustin de Romanet, le PDG. L’architecture de ces aéroports dédiés aux taxis volants a été revue et simplifiée par rapport à certaines ébauches présentées en 2019 : les pistes ne sont plus situées en hauteur sur une structure ad hoc mais bien au niveau du sol, facilitant le transit des passagers et réduisant significativement les coûts d’aménagement. Si le projet se concrétise, d’autres emplacements pourraient être définis en Ile-de-France dans les prochaines années.

Vertiport ADP Paris Charles de GaulleADP
Vertiport ADP Paris Charles de Gaulle Vertiport ADP Paris Charles de Gaulle

Le groupe ADP a simplifié l'architecture de ses futurs vertiports, facilitant le transit et réduisant les coûts. Crédit : groupe ADP.

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