Après Vahana et CityAirbus, voici venu CityAirbus NextGen. Fruit des précédents projets de taxis volants d’Airbus (qui n'ont jamais passé le stade du démonstrateur), ce nouvel aéronef électrique à décollage et atterrissage vertical (eVTOL) a été dévoilé par l’avionneur mardi 21 septembre, à l’occasion d’un événement dédié à l’aviation durable organisé à Toulouse (Haute-Garonne).
Le premier vol devrait avoir lieu en 2023 tandis que la certification de l’appareil est prévue pour 2025. Ce faisant, Airbus accélère dans le bouillonnant, mais encore très restreint, marché des taxis volants.
Une implantation industrielle à déterminer
Ce dernier modèle développé par Airbus Helicopters (filiale d’Airbus chargé du développement de ce type d’appareils) affiche 8 moteurs électriques, un rayon d’action de 80 kilomètres, la capacité de transporter quatre passagers, un niveau sonore compris entre 65 et 70 dbA et une vitesse de croisière de 120 km/h. CityAirbus NextGen bénéficie de l’expérience d’Airbus issue des 242 vols et 1 000 kilomètres effectués par CityAirbus et Vahana.

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« Par rapport aux précédents projets, celui-ci à une surface d’ailes plus importante, ce qui permet de réduire la puissance nécessaire en vol stationnaire », précise Tomasz Krysinski, directeur de la recherche et de l’innovation chez Airbus Helicopters. Autre différence notable visible à l’œil nu : CityAirbus NextGen ne possède pas d’éléments basculants, contrairement à Vahana, par souci de simplifier l’architecture de l’appareil.
Airbus Où sera assurée la production de CityAirbus NextGen ? Pour l’heure, les responsables d’Airbus bottent en touche. Si plusieurs sites de l’avionneur ont été mis à contribution pour CityAirbus, dont celui de Marignane (Bouches-du-Rhône), c’est le site allemand de Donauwörth qui a assuré l’assemblage de l’appareil. Quant à Vahana, le projet est piloté par le centre d’innovation A3 d’Airbus, basé en Californie.
Un marché alléchant
« Il y a des besoins pour ce type d’aéronefs, soutient Bruno Even, président d’Airbus Helicopters. Le marché mondial pourrait représenter, à terme, plusieurs milliers d’appareils par an, mais il va s’installer de manière progressive, en fonction de l’évolution des technologies, de la réglementation et de l’acceptabilité sociale. » Vols au sein d’une même grande ville, liaisons entre les aéroports et le centre-ville… L’avionneur est convaincu que le segment va décoller. Fin 2019, le cabinet Oliver Wyman avait estimé ce marché à 35 milliards de dollars (30 milliards d'euros) en 2035. Entre 40 000 et 60 000 taxis volants pourraient alors être en service, dans près de 90 villes dans le monde. Plus récemment, l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) a publié une étude faisant état d’un marché européen d’environ 4,2 milliards d’euros en 2030. De quoi générer 90 000 emplois.
Des partenariats incontournables
Des perspectives alléchantes, qui ont provoqué ces dernières années l’éclosion de 200 à 300 projets de ce genre, à l’image de l’Allemand Lilium valorisé à plus d’une milliard d’euros, et du français Ascendance Flight Technologies, qui a réussi une levée de 10 millions d’euros. La start-up allemande Volocopter a été la première en Europe à décrocher en juin une certification de la part de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (Aesa), dans un cadre restreint. L’avionneur va devoir batailler pour espérer se faire une place au soleil.
Si Airbus peut faire valoir son savoir-faire dans le développement de cet eVTOL, en particulier en matière de sécurité, l’avionneur admet qu’il ne peut pas faire cavalier seul pour réussir le lancement commercial de CityAirbus NextGen. Infrastructures au sol, contrôle aérien, exploitation… Autant d’aspects qui obligent l’avionneur européen à multiplier les partenariats.
« La France et l’Allemagne sont deux nos piliers pour l’heure en matière de partenariats, même si nos débouchés commerciaux sont loin de se limiter à l’Europe », confirme Balkiz Sarihan, responsable de la stratégie et des partenariats pour la mobilité aérienne et urbaine chez Airbus. En France, Airbus fait partie des poids lourds, avec entres autres, ADP et Safran, à avoir participé à l’appel à manifestation d’intérêt international, lancé le 1er octobre 2020 avec la région Ile-de-France et le groupe RATP. Dans ce cadre, un premier service de taxi volant devrait être mis en oeuvre pour les Jeux olympiques de 2024 à Paris, en partenariat avec Volocopter.



