C’est sans doute la première d’une longue série. La certification européenne obtenue jeudi 24 juin par la start-up allemande Volocopter pour son taxi volant constitue une grande première pour ce type d’aéronefs. Ce sésame délivré par l'Agence de sécurité aérienne européenne (AESA) reste encore à ce stade restrictif, mais il représente une étape clé dans la maturation des nouvelles mobilités aériennes urbaines, pour lesquelles les projets ont explosé au cours de la décennie 2010.
"Avec cette certification, le drone peut désormais être exploité dans une zone à faible risque clairement délimitée, même si elle est située à proximité d'une zone où les opérations de drones sont à plus haut risque, comme une ville ou un stade sportif", précise l’AESA dans son communiqué. L’engin certifié, un aéronef électrique multi rotors capable de voler à 110 km/h avec une autonomie de 35 km, avait d’ailleurs effectué lundi 21 juin une démonstration de vol de 3 minutes lors du Paris Air Forum, à l’aéroport Paris-Le Bourget (Seine-Saint-Denis).
Un marché européen de 4,2 milliards d'euros en 2030
Alors que des essais vont désormais pouvoir se dérouler à l’aérodrome de Pontoise – Cormeilles-en-Vexin (Val-d’Oise), Volocopter a désormais les yeux rivés sur 2024. La start-up devrait assurer des vols de démonstration à l’occasion des Jeux Olympiques organisés à Paris en 2024. Une initiative réalisée avec des acteurs locaux de choix, le groupe ADP et la RATP, et soutenue par la Région Ile-de-France ainsi que la Direction générale de l'Aviation civile (DGAC). Elle marquera alors la concrétisation d’un projet lancé lors du salon aéronautique du Bourget organisé en 2019.

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Surtout, cette certification commence à rendre tangible un marché qui ne demande qu’à éclore, mais que la multiplication tous azimuts de projets n’a pas toujours rendu crédible. En mai 2021, l’AESA a publié une étude évoquant un marché européen d’environ 4,2 milliards d’euros en 2030 et générant quelque 90 000 emplois. Outre Paris, d’autres villes européennes ont annoncé le déploiement à courts termes de services basés sur l’utilisation de taxis volants, à la fois pour le transport de passagers et de fret : Düsseldorf et Ingolstadt (Allemagne), Séville (Espagne), Helsinki (Finlande)…
Vers un assouplissement progressif
La France semble pour le moment bien positionnée, en témoigne l’appel à manifestations d’intérêt (AMI) lancé en octobre 2020 : les acteurs finalement retenus début 2021 donnent à voir un embryon de filière: d’Airbus à Safran, en passant par la start-up française Ascendance Flight Technologies, Dassault Falcon Services ou bien encore l’école d’ingénieurs Estaca. Dans le reste de l’Europe, plusieurs constructeurs porteurs de projets solides se sont connaître, tels que les allemands Lilium et Wingcopter ou bien encore le slovène Pipistrel.
Pas de scénario ressemblant à Blade Runner au Cinquième Elément à craindre, avec à termes des vols de taxis aériens chaotiques effectués au-dessus des villes. Les acteurs impliqués, industriels et opérateurs, évoquent dans un premier temps un schéma d’exploitation basé sur la définition de couloirs aériens stricts et l’usage de vertiports à l’extérieur de la ville. La réglementation pourrait progressivement assouplir ce cadre et permettre une utilisation plus massive des taxis volants.
Les usages médicaux bien en vu
A condition que la population l’accepte : c’est désormais le défi à relever pour les taxis volants, alors que les technologies commencent à arriver à maturité. Sur la base d’un sondage publié en mai dernier, l’AESA veut croire que l’acceptabilité est en bonne voie. L’étude, incluant drones et taxis volants, fait état de 83% d’opinions positives, sur un total de 3 690 réponses.
Pas sûr que ces taxis aériens permettent vraiment de décongestionner les grandes villes, alors que des millions de personnes empruntent chaque jour les transports en commun. Mais pour peu que la sécurité soit assurée, le bruit peu élevé et les infrastructures bien intégrées, de nombreux usages pourraient bien voir le jour. Des exemples ? La livraison de médicaments pour les hôpitaux, le transport de blessés et d’équipes médicales, les livraisons par drones de biens et d’équipements sur de longue distance mais aussi de courses et de marchandises dans les zones reculées.



