Le Covid ne clouera pas au sol les taxis volants. Tout du moins pas l’un de ses projets phares en France : le groupe ADP a dévoilé lundi 18 janvier la liste des acteurs retenus dans le cadre d’un appel à manifestations d’intérêt international, lancé le 1er octobre 2020 avec la région Ile-de-France et le groupe RATP. Une initiative visant à constituer une dynamique régionale liée à la mobilité aérienne urbaine, qui se matérialiserait par un démonstrateur opérationnel lors des Jeux olympiques de 2024.
L’appel à manifestations d’intérêt a été scindé en cinq activités indépendantes : le véhicule lui-même, l’infrastructure, la gestion des opérations, l’intégration dans l’espace aérien et l’acceptabilité sociétale. Le groupe a eu l’embarras du choix, avec un total de 150 candidatures, en provenance de 25 pays. Au final, l’initiative embarque les grands acteurs français de l’aéronautique, des start-up et nombre d’acteurs étrangers.
Une équipe de France... internationale
Pour la construction du véhicule, on retrouve sans surprise Airbus, impliqué dès le début dans le projet. Pour rappel, ce dernier avait été dévoilé lors du salon aéronautique du Bourget de 2019 avec le lancement d’une étude de faisabilité d’un démonstrateur de taxi volant en vue d’une mise en œuvre commerciale avant 2030. Autres acteurs dans cette catégorie : Safran Electronics & Defense (constructeur du drone Patroller), mais aussi le français Ascendance Flight Technologies, le chinois Ehang, le slovène Pipistrel, le britannique Vertical Aerospace, l’allemand Volocopter et l’américain Zipline.

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Pour la gestion des opérations, la compagnie aérienne française Air France est sélectionnée avec Dassault Falcon Services, l’école d’ingénieurs Estaca, la compagnie aérienne d’hélicoptères Helifirst, la plateforme de réservation Helipass et l’entreprise canadienne de formation au pilotage CAE.
Dans la catégorie infrastructures, se retrouvent le fournisseur de système de recharges Green Motion (Suisse), le spécialiste des solutions de sécurité numérique Idemia (France), le fournisseur d’équipements Leosphere (France) et le concepteur et opérateur de vertiports Skyports (Royaume-Uni).
La problématique de l’intégration dans l’espace aérien a été confiée à l’Université de Cergy en tandem avec l’ESSEC, ainsi qu’à l’ENAC, au spécialiste des solutions de positionnement Internest, au belge spécialisé dans les solutions de géolocalisation M3 Systems et à Thales SIX pour ses systèmes embarqués anti collision. Quant au sujet épineux de l’acceptabilité, il fédère Bruitparif, l’Ecole Polytechnique, Envirosuite (un australien fournisseur de plateforme de collecte de données), le Centre français de recherche aérospatiale (Onera), mais aussi l’Université de Californie (Berkeley) et le Royal Netherlands Aerospace Centre (Pays-Bas).
Une approche globale
Autant d’acteurs qui vont pouvoir, dès le mois de juin 2021, procéder aux premiers tests de taxis volants, au niveau d’une zone de tests de l’aérodrome de Pontoise-Cormeilles-en-Vexin (Val-d’Oise) inaugurée en septembre dernier. Des expérimentations qui seront menées en collaboration avec la Direction Générale de l'Aviation Civile (DGAC), l'Agence Européenne de la Sécurité Aérienne (AESA), et l'organisation européenne pour la sécurité de la navigation aérienne (Eurocontrol). Pour le moment, seul le véhicule VoloCity de Volocopter avait été officiellement désigné pour effectuer ces tests. "Les acteurs sélectionnés vont dorénavant pouvoir partager leurs expertises, identifier des synergies et déployer des tests dans les mois à venir", précise le groupe ADP dans son communiqué.
Si ce marché de la mobilité aérienne urbaine, s’appuyant sur des véhicules électriques à décollage et atterrissage vertical (VTOL), est voué à rester un segment de niche, il pourrait toutefois faire émerger de nombreux usages. Fin 2019, le cabinet Oliver Wyman tablait dans une étude sur un marché d’environ 30 milliards d’euros d’ici 2035, avec à cette date entre 40 000 et 60 000 aéronefs en opération. L’initiative portée par le groupe ADP a le mérite d’aborder ce segment dans sa globalité, l’enjeu ne résidant pas tant dans la faisabilité d’un tel engin mais dans son intégration dans notre quotidien.



