C’est une vieille affaire qui vient hanter Citroën sur son principal marché. La marque française est dans la tourmente depuis qu’elle a lancé à la mi-mai une vaste campagne de rappel en Europe (mais aussi au Moyen-Orient et en Afrique) concernant 605 772 voitures. En cause : des airbags défectueux, susceptibles d'exploser en projetant des fragments de métal ou de ne pas se déclencher du tout en cas d’accident, fabriqués par le fournisseur japonais Takata jusqu’en 2019.
La firme japonaise a depuis été emportée par le scandale, déclenché en 2014 aux États-Unis. Après avoir déposé le bilan en 2017, l’entité a été rachetée par la branche américaine du groupe chinois Ningbo Joyson Electronic.
Dans le détail, le rappel concerne 497 171 Citroën C3 et 108 601 DS3. Stellantis a appelé les propriétaires concernés à «arrêter immédiatement de conduire ces véhicules». En France, 245 000 clients sont touchés, dont la moitié se serait déjà manifestée. Face à leur colère et alors que trois informations judiciaires pour homicides volontaires sont ouvertes en Guadeloupe et en Guyane suite à des accidents, le constructeur Stellantis – propriétaire de Citroën et DS – cherche à contenir la situation.
«Les moyens sont vraiment en train d’arriver»
Le directeur général de la marque aux chevrons, Thierry Koskas, a été obligé de monter au créneau vendredi 31 mai pour tenter d’éteindre l’incendie. Invité de la matinale de BFM Business, il a voulu rassurer ses consommateurs : «Je sais qu’il y a un peu de frustration aujourd'hui, je le conçois. Je dis à nos clients qu’on s’occupe d’eux et que les choses vont s’améliorer très rapidement». Il a promis que les effectifs dans les centres d’appel allaient doubler dans les prochains jours. Quelque 25 000 véhicules de courtoisie vont être mobilisés par le réseau et prêtés aux clients pendant la réparation de leur véhicule. «Les moyens sont vraiment en train d’arriver», a-t-il assuré.

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Pour l’heure, les airbags de 14 000 voitures ont été remplacés, dont 7 000 en France, selon Stellantis. Thierry Koskas a affirmé chercher une solution industrielle en faisant produire de nouveaux airbags «le plus vite possible» auprès d’autres fournisseurs, dont il n’a pas mentionné l’identité.
Interrogé sur le timing jugé tardif de cette campagne de rappel, Thierry Koskas, ancien dirigeant du groupe Renault à la tête de Citroën depuis 2023, a indiqué appliquer le «principe de précaution» et tenu à rappeler qu’au début du scandale, en 2014, «Takata nous avait dit qu’il n’y avait pas de problème en Europe. Après, qu’est-ce qui s’est passé ? On a eu des premiers incidents en 2019 dans les départements d’outre-mer, car les conditions de température y sont spécifiques. On a tout de suite lancé une campagne de rappel dans les outre-mer. Dès 2014, on a lancé une surveillance spécifique. [...] Quand il y a eu les premiers incidents en Europe en 2023, on a immédiatement décidé cette campagne de rappel, qui est en train d’être lancée».
Mauvaise publicité pour Citroën avant l’arrivée la C3 électrique
Cette mauvaise publicité ne pourrait pas intervenir à un pire moment pour Citroën, qui s’apprête à lancer en grande pompe à la mi-juin sa nouvelle C3 électrique «abordable». Affichant un prix d’appel de 23 300 euros, le modèle est un élément-clé de la stratégie de Stellantis pour démocratiser les véhicules à batteries en convergeant leur prix vers celui des véhicules thermiques. Dans quelques semaines, Citroën doit également présenter sa nouvelle C3 Aircross.
Mais la marque française est loin d’être la seule touchée par ces airbags défectueux, et certainement pas la plus embêtée : en 2015, Honda, premier client de Takata, avait été contraint à rappeler à lui seul… 24,5 millions de voitures !
Rappels en pagaille aux États-Unis
Plus récemment, aux États-Unis, le constructeur automobile japonais Nissan a, lui aussi, émis une alerte jeudi 30 mai à ne pas conduire 83 920 véhicules fabriqués entre 2002 et 2006 et équipés d'airbags Takata. Les rappels sont très fréquents dans l’industrie automobile, principalement aux États-Unis. Pas plus tard qu’en mars, Stellantis a dû y rappeler 285 000 véhicules des marques Dodge et Chrysler produites entre 2018 et 2021 en raison de gonfleurs de coussins d'air défectueux, fabriqués par Joyson Safety Systems (désormais propriétaire de l’ex-Takata). Les régulateurs américains ont jusqu’à présent enregistré au moins 27 décès liés aux airbags défectueux du groupe japonais Takata.



