C’est un nom qui devrait faire remonter des souvenirs nostalgiques chez les amateurs de compétition cycliste. Après plus de cinquante années d’absence, la marque française Dilecta renaît de ses cendres. Relancé par Éric Vanhaverbeke, qui a réalisé l’ensemble de sa carrière dans l’industrie du cycle, ce nom emblématique des pelotons professionnels propose deux nouveaux modèles, pour la première fois depuis la disparition de la marque en 1968.
Un projet intimement lié à l’histoire personnelle d’Éric Vanhaverbeke, fils d’un ancien coureur cycliste. « Je réfléchissais depuis plusieurs années à la possibilité de faire renaître une marque française. En rangeant la maison familiale pendant le confinement, je suis tombé sur des photos de mon père sur un vélo Dilecta. Cela a été un déclic. Ma rencontre avec les élus locaux de la commune du Blanc [où est née la marque en 1913, ndlr] m’a conforté dans ma décision », raconte-t-il.
Des premières commandes à l’international
Grâce au travail d’une dizaine de collaborateurs indépendants spécialisés dans le design, le marketing et le numérique, Dilecta propose un premier vélo de route, « Le Blanc », en hommage aux origines de la marque, ainsi qu’un gravel baptisé « Le Forçat » – en référence à l’histoire de Dilecta dans la compétition cycliste. Des modèles musculaires destinés à un public de sportifs passionnés. Selon les montages, les vélos complets peuvent dépasser les 9 000 euros !
Nous voulons nous adresser d’abord au marché français. Mais nous avons déjà des commandes provenant de Russie.
— Fondateur et dirigeant de Dilecta
Les premiers cadres et vélos complets seront disponibles à partir du mois d’avril, date à laquelle Dilecta doit proposer aussi un modèle urbain sportif. La version anglaise du site de Dilecta, dont le lancement est prévu en mai, devrait permettre de faire à nouveau connaître la belle endormie à l’international. « Nous voulons nous adresser d’abord au marché français. Mais nous avons déjà des commandes provenant de Russie », détaille Éric Vanhaverbeke.
Privilégier les composants français
« Une fois que Dilecta aura trouvé sa clientèle, je ne serais pas surpris que nous réalisions 60 % de notre chiffre d’affaires à l’international », estime-t-il. Pour séduire son public, le fabricant mise sur le made in France. Designés en interne, les cadres sont produits par un artisan en région Centre-Val de Loire. Les roues proviennent de la PME Mavic, qui a trouvé un repreneur en 2020. Les pneus sont fournis par Hutchinson, la filiale de Total et les porte-bidons par Zéfal.
« Nous privilégions les composants français, même si tous ne peuvent pas l’être », insiste le dirigeant. Pour les dérailleurs, Dilecta a noué un partenariat avec l’italien Campagnolo, tout en offrant le choix d’opter pour Shimano. Cette année, la marque dit être en mesure de proposer une centaine de produits. Un niveau qui devrait croître – notamment une fois réglée la pénurie de composants dans l’industrie du cycle –, même si Dilecta reste dans une logique de fabrication artisanale haut de gamme.
Une renaissance qui intervient dans une période très favorable à l’industrie du cycle en France. L’explosion de la demande profite aux acteurs industriels existants et aux nombreux nouveaux acteurs. Ces derniers surfent notamment sur l'engouement pour les vélos à assistance électrique. Un marché en pleine croissance que le dirigeant de Dilecta ne néglige pas. « Ce n’est pas notre priorité absolue à court terme. Mais si nous arrivons à concrétiser la renaissance de Dilecta, pourquoi pas », sourit Éric Vanhaverbeke.



