À l’occasion du sommet Choose France 2024, le chimiste belge Solvay a annoncé son intention de prochainement lancer la première phase de modernisation et d’agrandissement d’unités existantes de son site de La Rochelle, en Charente-Maritime. Et ce, dans le but d’y ajouter une nouvelle activité de production : produire, à grande échelle, des oxydes de terres rares – une des ressources critiques de la fabrication des aimants permanents utilisés dans les moteurs électriques, les éoliennes, les disques durs, ou encore les data centers.
Jusqu’à présent, le site rochelais était expert dans la fabrication de formulations à base de terres rares, pour différents marchés (imagerie médicale, dépollution automobile, polissage pour l’électronique, etc.), dont 90 % l’export. Avec cette extension, qualifiée de « mutation stratégique de l’outil industriel », Solvay cible de nouvelles applications, principalement liées aux énergies renouvelables et à la fabrication de moteurs de véhicules électriques. Selon le groupe, ce nouveau projet « pourrait ouvrir la voie à de nouveaux investissements, susceptibles de dépasser 100 millions d’euros, avec un soutien du gouvernement français et de l’UE ».
En outre, ce projet s’inscrit dans l’ambition de Solvay de faire de La Rochelle un « hub européen dédié aux terres rares », alors même que 85 % de la fourniture est actuellement assurée par la Chine. Et ce, dans un contexte où « la demande en néodyme et en praséodyme devrait tripler, d’ici à 2035 », avait souligné Renaud Rohe, lors d’un colloque à la Maison de la chimie sur les défis de la relocalisation de l’industrie chimique, en avril dernier. À cette occasion ce responsable marché et développement terres rares chez Solvay avait précisé que le groupe prévoyait de « mettre à disposition de l’Europe les deux types de terres rares essentielles, à savoir les légères (néodyme, praséodyme) et les lourdes (dysprosium, terbium, gadolinium) ».



