[Choose France 2023] Heidelberg Materials investit 65 millions d’euros à Bussac-Forêt pour poursuivre sa décarbonation

Le groupe allemand Heidelberg Materials va investir 65 millions d’euros sur son site de Bussac-Forêt (Charente-Maritime), pour créer une ligne de production d’argile calcinée, qui remplacera partiellement le clinker dans la composition du ciment, faisant ainsi baisser les émissions de CO2.

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Heidelberg Bussac
Heidelberg Bussac

Le groupe allemand Heidelberg Materials s’apprête à investir 65 millions d’euros dans sa cimenterie de Bussac-Foret (Charente-Maritime), afin de réduire de plus de 20% ses émissions de CO2. «Cela s’inscrit dans une stratégie globale, un grand programme de rénovation entrepris dans nos quatre sites majeurs et qui représente un coût de 600millions d’euros», commente Bruno Pillon, président des activités France chez Heidelberg.

«Bussac est le deuxième à bénéficier de ces investissements, après avoir déjà fait l’objet d’une première tranche de rénovation de 47 millions d’euros, dont les travaux s’achèvent tout juste. Nous allons construire une nouvelle ligne de production pour fabriquer non pas du clinker, comme nous le faisons déjà, mais de l’argile calcinée. C’est l’un des leviers de notre décarbonation.»

Cette argile permet de baisser la part du clinker, très émetteur de CO2, dans le ciment, tout en permettant à ce dernier de conserver ses propriétés.

Un deuxième levier après le combustible

«Il existe un seul four à argile calciné en France, Bussac sera donc le deuxième. Nous avons un gros avantage dans notre pays: on y trouve beaucoup d’argile», relève Bruno Pillon. Celui qui sera utilisé à Bussac sera d’ailleurs extrait sur la commune même. Heidelberg espère passer de 630 kilos de CO2 par tonne de ciment, aujourd’hui, à 450 en moyenne sur l’ensemble de ses sites, et même à moins de 400 en Charente-Maritime d’ici 2030.

Le site entend par ailleurs utiliser, à très court terme, un deuxième levier de décarbonation, qui concerne cette fois le combustible utilisé pour chauffer les fours, donc fabriquer le ciment. «Il s’agit de remplacer autant que possible le combustible fossile par des déchets non-recyclables, le processus cimentier ne laissant aucune cendre», reprend Bruno Pillon. Actuellement, le site consomme 140 000 tonnes de déchets par an, qui représentaient jusque-là 30% du combustible brûlé. Les travaux, en cours d’achèvement, permettront de passer à 80% ce taux de combustible alternatif. À Bussac-Forêt, Heidelberg produit 600 000 tonnes de ciment par an, et emploie 102 salariés.

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