Chez Michelin, une baisse de régime inquiétante pour la France ?

Entre le marasme du secteur automobile mondial et les problèmes de production dans certaines usines du groupe, les sites français du pneumaticien doivent-ils se sentir menacés ?

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Usine Michelin des Gravanches
L'usine Michelin des Gravanches est touchée par des mesures de chômage partiel.

L’inquiétude grandit chez Bibendum. Certaines usines du groupe sont mises à l’arrêt à l’instar de celle des Gravanches, à Clermont-Ferrand, où les salariés sont sommés de prendre leurs congés faute de commandes. Une première dans l’histoire du site spécialisé dans les pneus haut de gamme "ultra haute performance". Si la direction parle d’une "optimisation de la production", les syndicats eux, semblent très inquiets.

D’autres sites vont être touchés par du chômage partiel, notamment au Puy-en-Velay (Haute-Loire) spécialisé dans le petit génie civil et à Troyes (Aube) qui produit des pneus agricoles. «Les deux seront à l’arrêt pour une période d’environ trois semaines pour palier des baisses de charge conjoncturelles», précise un porte-parole du Groupe.

Inquiétude à l’ouest

Les sites de la moitié ouest de la France (Cholet, Vannes et Joué-lès-Tours) génèrent encore plus d’incertitude auprès des organisations syndicales. Au point que Sud, la CGT et la CFE-CGC ont lancé un droit d’alerte économique auprès de la direction en juin dernier. Là aussi une première dans l’histoire du groupe. «Nous constatons une baisse de 60% de production depuis le début de l’année sur ces sites, constate la CFDT. L’ensemble des sites France subissent de plein fouet une crise mondiale de l’industrie». Chez Sud, le discours est plus radical. «Michelin a commencé par fermer plusieurs sites en Europe, ce qui a impacté 3000 personnes l’an dernier. La France est la prochaine sur la liste. La direction prépare les esprits depuis déjà quelques mois».

Pour Florent Menegaux, ce trou d’air serait lié à un «ralentissement de l’économie mondiale en général, surtout dans le domaine automobile où  les ventes des constructeurs sont en repli de 20 à 25%. Forcément, cela nous impacte. Nous sommes obligés d’adapter notre production aux circonstances. Mais il faut distinguer la conjoncture et la structure. On ne ferme jamais de site pour une question de conjoncture».

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Vers une adaptation de l’outil industriel

C’est dans ce contexte quelque peu alarmant que le cabinet Secafi, sollicité par les organisations syndicales pour faire un audit de la situation, rendait ce mercredi 9 octobre ses conclusions devant un CSE extraordinaire. «L’entreprise a été très transparente sur les difficultés des usines de Cholet, Vannes et Tours», commente la CFDT qui «mesure et partage complètement l’inquiétude des 1500 salariés» (…) «Il est à craindre que les volumes perdus ne soient jamais récupérés. La stratégie de marge du groupe ne va pas dans ce sens».

Une adaptation de l’outil industriel semble dès lors inévitable. Certains syndicats préconisent «des usines plus petites, très agiles et flexibles». Pour la CGT, le «climat anxiogène du moment ne laisse rien entrevoir de bon». Michelin emploie encore 17 000 personnes en France. La dernière fermeture de site dans l’hexagone remonte à 2020. C’était à La Roche-sur-Yon (Vendée) où travaillaient 619 personnes.

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