Cet ingénieur agronome rêve d’améliorer le pouvoir fertilisant des digestats de méthaniseurs

Ingénieur agronome qui a notamment sévi chez Ynsect, Aymeric Barre se lance dans un nouveau projet avec sa jeune start-up Destellus. L’ambition : améliorer la performance agronomique des digestats, ces résidus du processus de méthanisation.

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Méthaniseur
Le développement en France des projets de méthanisation pose des questions sur l'épandage des disgestats.

Les méthaniseurs poussent comme des champignons en France. Si les agriculteurs y trouvent bien souvent leur compte, cela n’empêche pas quelques complications. La gestion des digestats, ces résidus liquides et organiques de l’opération de production de biométhane, n’est pas toujours une mince affaire. «C’est pénible à utiliser, le digestat contient beaucoup d’eau ce qui limite les périodes d'épandage et favorise la volatilisation de l'azote, il nécessite un matériel agricole spécifique qui entraine des tassements de sol…», liste Aymeric Barre, ingénieur agronome. 

Rendre les digestats facile d'utilisation

S’y ajoute le fait que, sur certains territoires, les agriculteurs disposent de digestats en excès : il est pertinent de trouver des solutions permettant leur export vers des territoires moins dotés. «Le méthaniseur est une opportunité pour la ferme, mais le coût marginal d’épandage est important, analyse Aymeric Barre. En prenant les excédents de digestats, je soulage les fermes tout en leur permettant de garder de l’indépendance sur la fertilisation.»

Cet ancien d’Ynsect, champion déchu de l’élevage d’insecte, développe donc une solution pour faciliter l’épandage des résidus de la méthanisation et doper leur pouvoir fertilisant. Il a pour cela créé la start-up Destellus. «Le digestat c’est 95% de liquide et une fraction solide, pose l’ingénieur. L’idée est de développer des petites unités, à proximité des méthaniseurs, capables de séparer les parties liquide et solide.»Un système de transformation éclaté à l'image de ce qui est proposé par Toopi Organics, qui valorise l'urine humaine.

Séparer le liquide du solide

Une fois les éléments séparés, ils doivent être retraités pour multiplier leur potentiel fertilisant. «Schématiquement, car tout dépend de ce qui est introduit dans le méthaniseur, les digestats contiennent 3 kilos d’azote, de potassium et de phosphore par tonne. C’est cinq fois moins que ce que proposent les vendeurs de produits chimiques traditionnels. Le but est de s’en approcher.» 

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D'où la méthode. «Pour la partie liquide, il est pertinent de la concentrer en la séchant pour éviter d’avoir à transporter des mètres cubes d’eau sur le territoire. On peut envisager aussi de développer des biostimulants en fermentant ce liquide, explique l'ingénieur. Quant à la partie solide, une fois extraite, on peut l’enrichir avec des molécules d’intérêt.»

L’idée est là, même si le modèle reste à affiner. La jeune pousse, incubée à AgroParisTech, vise de premiers produits fin 2025. Elle s'est adossée à un méthaniseur dans l'Eure pour conduire ses essais. L'enjeu numéro 1 sera toutefois d'optimiser la logistique. 

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