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Ces tunneliers qui creusent la future ligne 15 du Grand Paris Express

Les tunneliers creusant la première ligne du Grand Paris Express, la ligne 15, sont à nouveau à l'oeuvre. 2020 doit marquer une évolution du chantier avec le lancement de marchés en conception-réalisation.

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Le chantier du Grand Paris (ligne 15)
Le chantier du Grand Paris express en vitesse de croisière avec un train de tunneliers sur la ligne 15.

Cette année, le Grand Paris Express a de plus en plus de trous à son planning. Comme à Créteil Lechat (Val de Marne) où 26 mètres sous terre, le tunnelier Camille avait percé début mars plus de 615 mètres sur le tracé de la futur ligne 15 sud (Pont de Saint Cloud-Noisy Champ). Mais l'épidémie de coronavirus a mis à l'arrêt le chantier. Les tunneliers (et les ouvriers) ont fait progressivement leur retour à partir du 21 avril.

Quand un tronçon de la 16 et 17 est prévu pour ouvrir en 2024, la ligne 15 doit être la première à fonctionner en totalité, en 2025. "On a utilisé l’ouverture de cette gare de Créteil que nos confrères de Bouygues sont en train de construire pour descendre notre tunnelier et commencer à forer vers l’est", expliquait début mars Gaetan Chelles, responsable production du tunnelier exploité par Eiffage-Razel sur son lot de génie civil. Au programme 4,2 km à forer en 18 mois pour atteindre Champigny-sur-Marne.

Une organisation au cordeau

Au fur à mesure qu’on s’enfonce dans le tunnel par une coursive, la température s’élève et le bruit de la bête de près de 100 mètres sature l’espace. La machine à pression de terre progresse de 12 mètres par jour en moyenne dans un ensemble de marne et cailloux, elle continuera dans du calcaire grossier et de la craie. Le convoyeur en ressort une terre boueuse qui est remontée par le trou de la gare et finit dans sept bacs.

"Ce n’est pas beaucoup en raison du manque d’espace, on ne peut pas analyser les boues sur place pour déterminer leur type de recyclage, détaille le technicien. Il faut les envoyer à Bonneuil-sur Marne à environ trois kilomètres." Ce qui oblige à une organisation au cordeau. A chaque chantier ses contraintes. Sept tunneliers sont à l’œuvre sur cette future ligne du super métro de la banlieue parisienne. Une première machine a déjà fini son travail avec un tunnel technique (2,7 km) pour l’accès des rames l’atelier de maintenance à l’est.

"Nous ne sommes pas encore en vitesse de croisière, tempère Thierry Dallard, le président du directoire de la Société du Grand Paris (SGP), un neuvième tunnelier va démarrer. Mais le chantier est bien lancé sur la 15 sud et 5 plusieurs entrent en service cette année sur la ligne 16. En 2019, le Grand Paris Express a dépensé 3 milliards d’euros. Ce sera 4 milliards cette année et 4,7 à 4,8 milliards d’euros en 2021", chiffre-t-il.

La gare de la Défense décalée au sud-ouest

Les grandes options sont levées hormis la question de l’éventuelle mise au sol de 5,2 km de la ligne 18. La SGP va approfondir cette année le résultat d’une étude livrée fin 2019. Quant à la relocalisation de la gare de la Défense, c’est réglé. Pour éviter une forêt souterraine de pieux, elle est déplacée au sud-ouest. Une nouvelle DUP est attendue pour 2022. La touche Dallard avec, pour la 15 ouest et 15 est, le choix d’opter pour des marchés de conception-réalisation ( l’ingénierie est intégrée par les groupements ) commence à se concrétiser. En février a été lancé le premier marché de ce type pour le lot Pont de Sèvres-La Défense intégrant justement la gare déplacée. Attribution en 2022.

Trois autres marchés de ce type suivront. Bénéfices attendus : "une maîtrise des risques des délais et des coûts optimisées", espère Thierry Dallard.

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