Ce que pensent les syndicats du nouveau plan stratégique de Renault

Les syndicats français accueillent plutôt favorablement le plan stratégique de Renault, dévoilé par Luca de Meo ce 14 janvier. Tout en demeurant prudents sur sa mise en œuvre et ses conséquences sociales.

Réservé aux abonnés
Révélation du plan strategique Renaulution le 14 janvier 2021 Luca de Meo
Les syndicats sont plutôt convaincus de la pertinence de la Renaulution présentée le 14 janvier, mais émettent quelques réserves sur le manque de prise en compte de l'aspect humain et social.

Après une année 2020 marquée par un douloureux plan d’économies, débuter 2021 avec l’annonce d’un plan stratégique à moyen terme est plutôt vu comme un soulagement, du côté des syndicats de Renault. «Nous avons besoin de perspectives d’avenir, d’une vision de moyen-long terme tenant compte des transformations en cours dans le secteur», plaidait Mariette Rih, déléguée syndicale centrale de FO, avant la présentation.

«Nous naviguons sans plan stratégique depuis deux ans», rappelle Franck Daout (CFDT), satisfait que l’entreprise puisse à nouveau «se projeter vers le futur». La CFE-CGC partage cette satisfaction, évoquant une organisation «plus précise et plus efficiente», mais avec un bémol. «Chez Renault nous sommes très forts sur la planification des plans d’actions. Nous espérons de tout cœur qu’ils seront exécutés avec brio et bienveillance», a tempéré son représentant Guillaume Ribeyre lors du CCSE du 13 janvier, durant lequel le plan a été présenté.

Pas de détails sur les usines françaises

Tous les syndicats attendaient des annonces précises et des gages sur le Made in France. Ils restent sur leur faim. Tout au plus, la direction a-t-elle émis le souhait de produire un nouveau véhicule à moins de 20 000 euros en France… Mais sans assurance d’y parvenir. Luca de Meo a expliqué qu’il s’agissait d’un « grand défi » en termes d’investissements et de coûts, et que sa mise en œuvre «dépendrait de l'issue des discussions avec les syndicats, les autorités publiques et les sous-traitants». La CFDT se dit pourtant «convaincue depuis des années que produire un véhicule de segment B en France est possible et qu'il est temps de rééquilibrer les capacités en Europe». Seule la création d’une « software factory », une usine de logiciels, a été annoncée.

Vos indices
Indices & cotations
Tous les indices

L’annonce de la réduction des capacités de production (de 3,9 millions de véhicules en 2019 à 3,1 millions en 2023) a de quoi inquiéter. «Valoriser la valeur plutôt que le volume, c’est en soit une révolution, mais qui ne devra pas trop pénaliser les usines ni la recherche et le développement», prévient la CFE-CGC.

La CGT souligne aussi l’absence de garanties sur l’emploi et le maintien des sites de production. «La réduction des investissements, tant industriels que dans la recherche et le développement, et le récent plan de réduction des effectifs dans l’ingénierie et le tertiaire interrogent fortement la CGT par rapport aux ambitions du plan présenté», juge le syndicat.

Il craint surtout de voir le nouveau Renault s’éloigner de sa vocation populaire. «L’entreprise favorise essentiellement ses marges sur l’ensemble des fabrications en augmentant ses prix de vente. Le coeur de cible de Renault devenant les clients à fort pouvoir d’achat, rompant avec la tradition de l’entreprise», commente-t-il.

Quels liens avec la filière auto française ?

Le projet de coentreprise dans l’hydrogène, avec une production de piles à combustible en France, est lui plutôt bien accueilli. Mais le choix d’un partenaire américain interroge la CFDT.

«Cette annonce intervient la semaine suivant l’annonce du gouvernement de la création d’un "Conseil national de l’ hydrogène" qui mobilise tous les acteurs nationaux de cette filière avec des fonds de l’Etat et l’objectif affiché de créer avec 23 états européens un PIIEC (Projet important d’intérêt européen commun). Ce partenariat ne donne pas un bon signal envers la filière automobile France en général !», critique le syndicat. Cela n’augure pas de meilleures relations avec les équipementiers et sous-traitants à l’avenir. La CGT souligne d’ailleurs que la filière automobile française est la grande absente du plan.

Et « il n’est nulle part fait référence aux femmes et aux hommes qui construisent la valeur de l’entreprise », ajoute le syndicat. Ce plan doit pourtant « redonner du sens collectif, en lien avec une stratégie RSE à revoir », insiste la CFDT. Ce sera à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale de Renault, en avril, a annoncé la direction.

Abonnés
Le baromètre de l’auto
Suivez l’évolution des marchés automobiles français et européen mois après mois grâce à notre tableau de bord.
Nos infographiesOpens in new window
Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Les webinars
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
94 - Ivry-sur-Seine
Date de réponse 30/04/2026
Trouvez des produits et des fournisseurs