La bioraffinerie mise en service il y a trois ans par Metabolic Explorer (MetEx) à Carling-Saint-Avold, en Moselle, se prépare à changer de vocation sous l’impulsion de la start-up belge Maash, filiale du groupe Galactic, son repreneur le 25 juin dernier à la barre du tribunal de Paris. Les fermenteurs industriels installés sur la plateforme pétrochimique lorraine deviendront prochainement les hôtes de champignons filamenteux capables de produire des protéines, ou «mycoprotéines», destinées à décarboner l’alimentation humaine. «La fermentation de mycéliums en milieu liquide permet d’obtenir des protéines d’intérêt alimentaire affichant un bilan carbone inférieur de 95% par rapport aux protéines animales et une consommation d’eau 90% moindre», détaille Gaspard Gilbert, cofondateur de Maash en 2021.
Le dirigeant de la jeune société de 15 salariés explique que les industriels de la formulation pourraient combiner ces protéines alternatives à des protéines animales «afin d’obtenir un substitut de viande affichant la même texture et le même goût, mais avec un impact environnemental bien moindre pour un prix quasi identique». Dans sa ligne de mire, les grandes enseignes du fast-food, notamment. Le produit n’est cependant pas totalement nouveau, puisque des produits alimentaires à base de mycoprotéines sont commercialisés depuis les années 1980 en Europe sous la marque britannique Quorn.
Maash table sur une production annuelle de 10000 tonnes de mycoprotéines à Carling-Saint-Avold à l’horizon 2026. Son objectif implique néanmoins une transformation préalable de l’usine qui devrait mobiliser environ 10 millions d’euros d’investissement. L’unité de biochimie industrielle a en effet été conçue par le Clermontois MetEx pour produire du 1,3 propanediol (PDO), un substitut naturel aux composants pétrochimiques pour les marchés de la cosmétique et des polymères biosourcés.
Environ 10 millions d’euros d’investissement
L’unité de fermentation existante va être adaptée à la production de mycoprotéines. «Nous allons lui adosser les équipements indispensables au traitement de la protéine de champignon, ainsi que des installations de conditionnement et de stockage», poursuit Gaspard Gilbert. L’unité de distillation et de purification du PDO devrait quant à elle être conservée en vue de futures applications.

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Le plan de cession arrêté par le tribunal de Paris ne prévoyait de sauvegarder que 10 salariés sur les 46 de la bioraffinerie. Toutefois, son nouveau propriétaire explique qu’en rythme de croisière le fonctionnement du site de production nécessitera 40 personnes. Le foncier disponible ouvre par ailleurs à Maash la possibilité d’ajouter deux lignes supplémentaires, ce qui porterait la capacité du site à 70 000 tonnes par an à l’horizon 2035 pour un effectif de 150 personnes.Galactic, maison-mère de Maash, explique par la voix de son président, Frédéric van Gansberghe «bénéficier dans l’Hexagone d’un écosystème industriel favorable, tourné vers la chimie verte, d’un bon accompagnement de Business France et des collectivités territoriales, ainsi que de ressources disponibles en biomasse et en sucre pour nos procédés de fermentation».
Le biochimiste belge de 350 salariés (chiffre d’affaires de 120 millions d’euros en 2023) n’est d’ailleurs pas un total inconnu en France. Son autre filiale Futerro porte un projet d’usine de production de bioplastique à partir d’acide lactique à Port-Jérôme (Seine-Maritime), un projet de 500 millions d’euros d’investissement susceptible de générer localement 250 emplois. Sa mise en service est prévue en 2027.



