La PME G.Pivaudran, dont les pièces ornent des contenants des grands noms du luxe (Hermes, Chanel, Cartier, Louis Vuitton…) fournira, en 2023, une pièce composée de 10% d’aluminium recyclé à l’un de ses clients, dont le nom est tenu secret. « Cela peut sembler modeste, mais c’est ce qu’on peut faire de mieux pour le moment », commente Marc Pivaudran, le président de l'entreprise familiale de 200 salariés (qui a réalisé 20 millions d’euros de chiffre d'affaires en 2021), à propos des pièces brillantes qu'elle fournit, entre autres, aux acteurs de la parfumerie et de la cosmétique.
L'entrée en production, imminente, fait suite à trois ans de tests et de recherche menés avec Constellium, son principal fournisseur d’aluminium. Un temps de développement relativement long justifié par la prise en compte de contraintes esthétiques, techniques et économiques. « Le plan d’expérience a été mené pour cibler le meilleur rapport entre la qualité et le cahier des charges du client », indique Hervé Delaigue directeur commercial et développement de l’entreprise qui explique :« Plus on ajoute d’impuretés, moins c’est brillant, et plus on rencontre des difficultés à manipuler la matière, notamment lors de l’emboutissage de pièces complexes ».
10% de recyclé pour du brillant et 20% pour du mat
La même pièce est aussi prévue avec 20% de matière première recyclée (MPR), mais cette fois en version mate. «Selon la typologie de pièce, l’incorporation d’aluminium recyclée peut engendrer un aspect soyeux plutôt agréable », estime le directeur de l’entreprise familiale qui envisage même d’atteindre 50% de métal recyclé avec cet aspect. A condition toutefois que la pièce soit simple à travailler, comme une plaque. Incorporer 20% d’aluminium recyclé pour des pièces brillantes représente encore un défi technique et esthétique. Avec ce taux, le traitement de surface provoque un léger voile blanc que les marques de luxe sont encore loin d’assumer...
Un intérêt naissant
Pour le spécialiste de l’anodisation, qui fêtera ses 75 ans en 2023, l’un des objectifs est en tout cas de faire infuser de nouvelles idées chez ses clients. Un pari que l'entreprise lotoise semble en passe de remporter. « Nos clients nous posent de plus en plus de questions. Ils nous demandent comment nous pourrions intégrer davantage de MPR dans leurs futurs projets, et des chiffrages. C’est une démarche toute nouvelle et synonyme de changement de comportement à la naissance des projets ». Reste encore à accéder au gisement de matière qui provient notamment des corps de canettes. La PME qui transforme 600 tonnes d’aluminium par an doit s’assurer qu’elle aura de quoi faire en cas de demande. « On réclame une garantie et une qualité constante avec une traçabilité pour qu’on puisse produire un million de capots (des bouchons, ndlr) avec la même matière si nos clients nous le demandent. » Des points sur lesquels la filière doit encore progresser.



