Un carton réemployé vaut mieux que deux recyclés. C’est en substance la philosophie de Charles Beaudouin, jeune producteur de champagne implanté dans la Marne, qui a décidé, dès la création de sa marque, de récupérer ses cartons d’expédition pour leur donner une seconde vie. « Ce n’est pas une idée que j’ai inventée. Elle m’a été soufflée par mon fournisseur, MD Packaging, qui propose un modèle de caisse sans scotch, avec des encres à l’eau. Entièrement recyclable, compostable… et donc, réutilisable », résume-t-il.
Le principe est simple : les clients locaux qui le souhaitent peuvent lui rapporter les cartons une fois les bouteilles consommées. À condition qu’ils soient propres, peu abîmés et encore solides, ces emballages sont remis dans le circuit. « Ce n’est pas pour faire des économies. C’est une question de principe. C’est toujours dommage de jeter un carton qui peut encore être utilisé », explique le vigneron, qui estime à environ 10% le taux de caisses réemployées en 2024, sur quelque 5000 bouteilles commercialisées.
Le carton utilisé, rigide et à double cannelure, répond aux normes d’expédition sur palette et est assez résistant pour supporter plusieurs cycles, notamment en vente directe. Mais il ne convient pas aux expéditions longue distance, type Colissimo ou UPS. « Aujourd’hui, cette initiative fonctionne surtout avec les clients proches. Pour ceux qui sont plus loin, c’est plus compliqué. Les cartons sont souvent jetés faute de solution logistique pour les renvoyer. »
Un recyclage limité et symbolique
Charles Beaudouin compte principalement sur les particuliers : « Les cavistes ou les restaurateurs n’ont pas vraiment le temps ni l’espace pour stocker des emballages. Mais certains clients me disent spontanément : "Tu me remets des bouteilles dans la même caisse." »

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À l’échelle de la maison, les gains économiques sont faibles – quelques centaines d’euros par an – mais l’impact environnemental, bien qu’infime comparé à celui de la bouteille en verre, est loin d’être anodin. « En Champagne, on ne peut pas réutiliser les bouteilles à cause des contraintes de sécurité. Alors si on peut agir sur le reste… », confie-t-il.
Dans le futur, le vigneron aimerait aller plus loin. Un partenariat avec d’autres maisons ou avec une start-up spécialisée dans la logistique des emballages réemployables fait partie des pistes envisagées. « Ce serait génial d’avoir une vraie filière de consigne pour les cartons, surtout pour les ventes en ligne. On y pense depuis longtemps », observe Charles Beaudouin.
Limiter les déchets, mais pas que
Engagé sur les questions de durabilité, le jeune vigneron avait aussi envisagé de supprimer la coiffe de ses bouteilles lors du lancement de sa marque, mais il s’est heurté au cahier des charges de l’appellation « Champagne », qui la rend obligatoire. «J’aurais aimé proposer un habillage plus sobre, mais j’ai dû composer avec la réglementation. J’ai tout de même opté pour une collerette papier, plus facilement recyclable, et je suis attentif aux nouveaux développements, comme les coiffes en papier ou les bouteilles allégées. » À défaut d’avoir pu alléger son verre ou se passer de coiffe, il commence donc par le carton. Un petit geste, mais un premier pas vers une Champagne plus circulaire.



