C’est dans son hypermarché de Montesson (Yvelines) que, le 14 juin, Carrefour a amorcé la nouvelle phase de son plan de déploiement du concept Loop dans les magasins. Après son lancement dans une dizaine de Carrefour City et Carrefour Market parisiens en décembre 2020, le distributeur, partenaire de TerraCycle, entend « démocratiser l’usage des emballages réutilisables par les consommateurs en offrant une alternative à l’utilisation des emballages en plastique à usage unique », selon Bruno Lebon, directeur général des hypermarchés Carrefour pour la France. « Nous voulons réinventer le réemploi et accompagner les marques pour passer de l’usage unique au réutilisable », ajoute Blandine Surry, directrice générale de Loop Europe. En même temps, dix nouvelles stations seront ouvertes dans des magasins de proximité d’ici à fin septembre. Objectif annoncé à l’horizon 2025 : des « corners » dans 500 super et hypermarchés.
Offre enrichie
En parallèle, l’opération s’accompagne d’un enrichissement de l’offre. C’était un des maillons faibles du dispositif jusqu’à présent, même si quelque 14 000 produits ont été vendus depuis six mois. À Montesson, elle approche des 40 références, TerraCycle et Carrefour visant la centaine d’ici à la fin de l’année et le millier en 2025. Après Nutella – évidemment dans le top 3 des ventes, derrière Coca-Cola – et Nivea, Blédina, Bonduelle et Maison verte sont ainsi venus compléter le catalogue avec des produits, nouveaux ou non, conditionnés dans des emballages « durables et consignés », en verre ou en métal. Pour Nutella, Ferrero a même conçu un pot de 750 g spécifique, gravé. Les responsables de Loop misent d’ailleurs sur cet aspect : « Ce qui attire le consommateur, c’est aussi la beauté des emballages », note Bertrand Swiderski, directeur du développement durable de Carrefour.
Un taux de retour de 70%
Sur place, des représentants de Loop expliquent aux clients intéressés le principe de la démarche. Des sacs aux couleurs de Loop sont à disposition. À l’entrée du magasin, une machine de déconsignation accueille les emballages retournés et les sacs, le montant de la consigne – de 10 centimes à quelques euros suivant les références – étant remboursé sous 7 jours sur l’application dédiée. Loop prend en charge la collecte, le tri et le lavage. Les emballages, qui doivent répondre à une triple exigence, l’aptitude à supporter au moins dix cycles, la nettoyabilité en conditions industrielles et la recyclabilité en fin de vie, sont ensuite réexpédiés aux industriels pour être de nouveaux remplis. D’après l’expérimentation menée depuis six mois, 4 à 7% des clients des magasins achètent au moins un produit consigné, les ventes sont plutôt additionnelles et le taux de retour avoisine 70%. « Avec des écarts importants selon le cycle de vie du produit et le format », observe Blandine Surry. Qui admet que le modèle économique doit encore être amélioré, « entre autres, la problématique du prix, avec des taux de TVA différents pour les produits et les emballages qui compliquent la gestion, par exemple ». « Un écosystème se crée cependant autour du concept, en particulier dans le domaine de la logistique », souligne Bertrand Swiderski.



