Cancer du poumon : Pourquoi les annonces de l’ASCO sont-elles si prometteuses ?

AstraZeneca a dévoilé des données de survie impressionnantes sur le cancer du poumon à un stade avancé. Une annonce faite à l’occasion du grand rendez-vous annuel en oncologie, l’ASCO, qui vient de se terminer.

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AstraZeneca R&D
Le cancer du poumon est la première cause de mortalité par cancer en France et dans le monde.

Avec un taux de survie à cinq ans d’environ 20%, le cancer du poumon est la première cause de mortalité par cancer en France, responsable de plus de 33 000 décès, chaque année. Aussi, les attentes autour de cette pathologie restent élevées. Du 31 mai au 4 juin 2024, se tenait à Chicago la 60e édition de ce rendez-vous incontournable en oncologie, au cours duquel les laboratoires pharma dévoilent souvent leurs annonces les plus fracassantes. Réunissant près de 35 000 spécialistes, l’évènement a été le théâtre d’avancées encourageantes en oncologie, notamment contre le cancer du poumon.

Et parmi les laboratoires qui ont fait sensation, AstraZeneca est peut-être celui ayant suscité la plus grande vague d’espoir, au regard de la standing ovation reçue à l’annonce des résultats de l’étude LAURA, portant sur sa thérapie ciblée Tagrisso (osimertinib) dans le traitement de formes avancées de cancer du poumon. Et pour cause, l’essai de phase III évaluant cet inhibiteur de tyrosine kinase dans le traitement du cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) qui ne peut pas être opéré, a démontré des résultats spectaculaires. En moyenne, les patients atteints de ces formes avancées de cancer et traités par Tagrisso ont survécu 39,1 mois contre 5,6 mois pour le groupe placebo, soit un bénéfice de 84% de la survie sans progression des patients.

Une révolution pour ce médicament, jusque-là indiqué en monothérapie, dans le traitement de certaines formes précoces du cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC). Il pourrait désormais devenir une référence dans le traitement des stades avancés du cancer du poumon. AstraZeneca considère d’ailleurs que l’essai « LAURA représente une opportunité potentielle de blockbuster » pour le médicament Tagrisso (soit la possibilité de dépasser un milliard de dollars de ventes). De manière plus générale, le laboratoire a fait de cette localisation une de ses priorités, puisqu’il ambitionne de traiter, d’ici à 2030, plus de 50 % des patients atteints de cancer du poumon. 

D'autres résultats prometteurs 

Pour cela, AstraZeneca pourra compter sur un autre produit, l’immunothérapie Imfinzi (durvalumab) du laboratoire britannique, jusqu’alors considérée comme la norme de soins dans le CPNPC de stade 3, et associée à une réduction de 9% du risque de progression ou de décès, ou de 27% après une chimioradiothérapie. AstraZeneca continue de faire progresser ce médicament, notamment pour les formes localement avancées du cancer bronchique à petites cellules (CBPC). En effet, l’étude ADRIATIC a permis de mettre en évidence que l’administration de l’anticorps PD-L1 Imfinzi réduisait de 27% le risque de décès, avec une survie globale à trois ans augmentée de près de 10%. « Les résultats d’ADRIATIC représentent une percée dans le CBPC et le durvalumab devrait devenir un nouveau standard de traitement », a déclaré David R. Spigel, directeur scientifique de l’Institut Sarah Cannon, à Nashville (États-Unis).

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Autre laboratoire à avoir profité de l’ASCO pour présenter des résultats positifs sur le cancer du poumon : Bristol Myers Squibb. Sa thérapie ciblée, Krazati (adagrasib), actuellement en phase III, a permis une amélioration significative de la survie sans progression chez les patients atteints de CPNPC prétraité, localement avancé ou métastatique, par rapport à la chimiothérapie standard. Une augmentation de la survie sans progression moins impressionnante que celle liée à la prise du Tagrisso d’AstraZeneca, mais qui atteint tout de même 31%. En outre, le laboratoire américain a dévoilé de nouvelles analyses portant sur son médicament Opdivo. Les données de suivi sur cinq ans de l'étude CheckMate-9LA montrent, par exemple, qu’en association avec la chimiothérapie et Yervoy (ipilimumab), un autre médicament de BMS, Opdivo continuait d’améliorer la survie des patients atteints d'un CPNPC métastatique non traité auparavant, par rapport à la chimiothérapie seule.

Enfin, le laboratoire américain J&J a dévoilé le fruit de son étude de phase III, baptisée PALOMA-3 et visant à développer une nouvelle formulation du Rybrevant (amivantamab). Indiqué contre certains types de CPNPC, ce médicament, approuvé sous sa forme intraveineuse, aurait une plus grande efficacité lorsqu'il est administré par voie sous-cutanée, notamment en permettant de réduire la durée d'administration à cinq minutes (contre plusieurs heures par voie intraveineuse). J&J a annoncé avoir soumis à l'EMA une demande d'extension de l'autorisation du Rybrevant, obtenue de manière conditionnelle en décembre 2021, pour sa formulation sous-cutanée.

Ces résultats offrent de beaux espoirs aux patients atteints de cancer du poumon qui demeure la cause principale de décès par cancer dans le monde, avec environ 1,8 million de décès en 2020.

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