Allégations environnementales fallacieuses, labels fantaisistes, bilans climatiques douteux et autres analyses de cycle de vue (ACV) faussées : le projet de directive en passe d'être abandonné visait à éliminer sur les étiquettes et dans les publicités l'ensemble des revendications n'étant pas étayées par des éléments factuels, afin de mieux protéger les consommateurs. Est-ce une nouvelle conséquence du « backlash écologique » ?
L’Union européenne (UE) revient sur la deuxième directive relative au « greenwashing » dit « green claims ». Ce texte a pour ambition d’encadrer sévèrement les pratiques des entreprises en matière d’écoblanchiment. La Commission européenne a annoncé, le vendredi 20 juin, qu'elle s'apprêtait à retirer ce projet en négociation depuis deux ans dans le cadre du Pacte vert. Face au tollé suscité par ce recul, les atermoiements de l'exécutif européen deviennent de plus en plus difficiles à interpréter au début du mois de juillet.
Choix honteux
Cette valse-hésitation est directement liée à la pression des eurodéputés de droite qui dénoncent un fardeau excessif pour les entreprises en raison de la « complexité » des mesures. Sous peine de sanctions, les entreprises auraient ainsi été contraintes de faire contrôler le bien-fondé des allégations par des « vérificateurs indépendants » accrédités. L’eurodéputé italien Sandro Gozi (Renew) dénonce « un choix honteux » quand l’écologiste Marie Toussaint, évoquant un « détricotage méthodique des règles, au détriment des citoyens et de la transition écologique », estime que « cette directive est la nouvelle victime d'un agenda de dérégulation mené par Ursula von der Leyen », la présidente de la Commission européenne.



