C’est un coup dur pour les salariés de Bridgestone à Béthune (Pas-de-Calais). Le fabricant japonais de pneumatiques vient d’annoncer la fermeture définitive de son usine, supprimant ainsi 863 emplois.
Spécialisée dans la fabrication de pneumatiques pour voitures, l’entreprise avait fait l’objet d’un accord de performance collective en 2019. Une réorganisation avait alors été mise en place avec notamment la suppression de 108 postes d’intérimaires.
Mais aujourd’hui, l’annonce est plus brutale puisqu’il s’agit d’une fermeture définitive du site. La direction met en avant la concurrence des marques asiatiques à bas coûts et une surcapacité de production sur le territoire européen. Elle assure toutefois vouloir limiter au maximum le nombre de licenciements, notamment en privilégiant des mesures de pré-retraite, des reclassements en interne ou en externe ou encore la recherche d’un repreneur.
Une fermeture qui plane depuis quelques années
En activité depuis 1961, le site pourrait fermer dès le second trimestre 2021. Le groupe assure mettre en place un plan d’accompagnement pour chaque employé et d’envisager notamment des reclassements dans des activités connexes comme le commerce ou la distribution.
Bridgestone, qui emploie 3 500 personnes en France, a prévenu les salariés le 15 septembre lors d’un CSE extraordinaire. Les représentants syndicaux déplorent un manque d’investissement sur le site de Béthune. Depuis plusieurs années, l’usine locale connaît des difficultés financières. En dix ans, ses effectifs ont chuté de 40 % et ses volumes de production sont passés de 8,5 millions d’unités à 5,1 millions d'unités. La crise sanitaire a fragilisé un peu plus le marché.
Via un communiqué, la ministre de l’Emploi Elisabeth Borne, la ministre déléguée en charge de l’Industrie Agnès Pannier-Runacher et le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand ont fait part de leur "désaccord total". Ils appellent le groupe "à prendre ses responsabilités", estimant notamment "qu’il a largement désinvesti l’usine de Béthune depuis de nombreuses années au profit de ses autres sites européens, entraînant ainsi un déficit de compétitivité et qu’au surplus, il a alloué au site des produits à faibles marges".
Plusieurs rencontres vont avoir lieu ces prochains jours.



