Bousculé par la concurrence chinoise, NTN transmissions Europe sacrifie 158 emplois en France

Plombé par la montée en puissance du véhicule électrique et la concurrence chinoise, NTN transmissions Europe, spécialiste des joints de transmission, taille dans ses effectifs dans l’Aisne et la Sarthe. L'entreprise va néanmoins investir 20 millions d’euros dans l'Hexagone.

Réservé aux abonnés
Usine Magna de Bari en Italie, boites de vitesses
NTN transmissions Europe est spécialisé dans les joints de transmission. (illustration)

NTN Transmissions Europe, spécialiste des roulements et des joints de transmission pour l’automobile, annonce un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) sur ses sites d’Allonnes, près du Mans (Sarthe) et de Crézancy (Aisne). La réduction des effectifs sera de 127 salariés sur un effectif total de 648 salariés pour le premier et de 31 postes sur 100 dans le second.

L’annonce, faite le 28 et 29 janvier aux instances représentatives du personnel de l’usine, s’inscrit dans le cadre d’un projet de restructuration global de NTN Transmissions Europe, filiale du groupe japonais NTN. Ce PSE s’accompagnera d’un plan de transformation qui mobilisera 20 millions d’euros d’investissements sur le site d’Allonnes. «Dans le contexte d'un marché automobile européen en crise, ce plan ambitieux consisterait en une profonde transformation de l’entreprise pour s’adapter aux exigences accrues de compétitivité du marché», fait savoir la direction. «Il viserait également, d’ici 2 ans, à restaurer l’équilibre financier de NTN Transmissions Europe.»

Des pertes financières

Parmi les raisons justifiant ce plan, le groupe évoque les effets de l’électrification du parc automobile, l’évolution des usages liés aux mobilités et la «très forte pénétration des acteurs chinois.» Dès lors, les usines de NTN Transmissions Europe d’Allonnes et de Crézancy se retrouvent en surcapacité d’au moins 25%, «sans perspective de croissance.» Ce contexte de concurrence intensifiée entraînant une chute des prix, précise le groupe. «Cette situation accentue le besoin de compétitivité de nos usines et génère des pertes financières qui compromettent leur avenir», est-il expliqué.

Ce plan de transformation doit conforter Allonnes dans sa position «d’usine mère en tant que centre d’expertise technique en Europe et, à terme, de la hisser au meilleur niveau en excellence opérationnelle, pour des produits à forte valeur ajoutée.» L’usine sarthoise transforme et assemble les trois composants principaux de la transmission. Elle assure également la R&D Europe. Certaines références de l’usine d’Allonnes seraient donc produites à Sibiu (Roumanie). Et le site de Crézancy, actuellement fournisseur du site d’Allonnes, se concentrerait sur la forge de certains composants et devra développer par ailleurs une diversification de son activité. Les trois sites totalisent 1000 salariés pour 200 millions d’euros de chiffre d'affaires.

Abonnés
Le baromètre des investissements industriels en France
Nouvelles usines, agrandissement de sites industriels existants, projets liés à la décarbonation… Retrouvez dans notre baromètre exclusif toutes les opérations classées par région, par secteur industriel, par date d’annonce et de livraison.
Je découvreOpens in new window
Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.