Biocontrôle : Phyteis veut libérer l’innovation

Le 23 février 2023, Phyteis a tenu sa conférence annuelle au cours de laquelle l'Union des producteurs de phytosanitaires a fait part de son intention d'intensifier les efforts dans l'innovation.

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FV - Biocontrôle
Phyteis veut accélérer l'innovation sur la protection des plantes.

Phyteis a pour objectif de faire émerger de nouvelles approches pour la protection des cultures. Et le président de cette union professionnelle (ex-Union des industries de protection des plantes), Bruno Baranne, l’a rappelé à travers ces mots : « Aujourd’hui, l’agriculture française doit répondre à trois enjeux majeurs : la maîtrise de la souveraineté alimentaire du pays, réduire son empreinte environnementale, et s’engager dans la lutte contre le réchauffement climatique. » Il a également rappelé que ce repositionnement s’est amorcé depuis plus d’un an.

Et pour répondre à cet engagement, l’organisation professionnelle mise sur l’approche combinatoire. Cela consiste à se reposer sur différentes solutions afin de mieux appréhender la protection des cultures : l’agronomie digitale, qui permet de déterminer le moment propice et le lieu le plus approprié pour l’application d’un traitement, même conventionnel, à base de produits phytosanitaires ; les biotechnologies, comme l’amélioration génétique des semences ; la bioprotection qui consiste à utiliser des méthodes naturelles telles que les micro-organismes ou les phéromones ; et la phytopharmacie ou le recours à des produits conventionnels pour le traitement des plantes. « L’approche combinatoire permet de faire face à une complexité qui n’a jamais été aussi élevée; nous ne sommes plus dans la période du « un problème, une solution ». Cette approche permet également de construire des solutions efficaces et de répondre aux attentes des consommateurs », explique Phyteis. En 2022, les adhérents de Phyteis ont investi 275 millions d’euros en France.

Si l’une des solutions de l’approche combinatoire propose de diminuer les volumes de produits phytosanitaires employés (même s’ils restent prédominants), voire d’alterner les produits utilisés afin de ne pas développer de résistance, l’un des piliers les plus prometteurs pour répondre aux enjeux majeurs reste le biocontrôle. La preuve en est : selon les chiffres de Phyteis, les ventes de biosolutions pour la protection des cultures ont augmenté de 23 %, sur les quatre dernières années, quand, dans le même temps, les ventes de produits conventionnels diminuaient de 16,5 %. Phyteis estime les investissements européens dans le secteur des bioprotections à 4 Mrds € d’ici à 2030. « Aujourd’hui, le marché mondial du biocontrôle représente 4 à 5 Mrds € et devrait tripler dans les cinq prochaines années », pointe Bruno Baranne. Avant d’ajouter : « Nous avons besoin d’une vague d’innovations et de travailler sur l’adoption de solutions innovantes. Aujourd’hui, 38 % des problématiques rencontrées par les exploitants n’ont pas de solutions ». C’est pourquoi l’organisation professionnelle met l’accent sur la nécessité d’accélérer l’innovation dans le secteur agricole. Cependant, les technologies et solutions qui seront mises au point devront répondre à une triple équation : l’agriculteur doit conserver son niveau de vie (voire l’améliorer); il faut apporter des solutions à l’exploitant qui permettent d’améliorer la durabilité de son modèle, et enfin, répondre aux attentes sociétales. « Avant même de débattre sur la réglementation et les solutions, il faut que nous ayons tous une lecture des enjeux qui soit claire », a insisté Bruno Baranne.

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