Beneteau ferme des usines mais garde ses ouvriers français

Le constructeur de bateau de plaisance Beneteau arrête cinq unités dont trois en Vendée mais il entend préserver, en France, l’ensemble de ses opérateurs de production qu’il s’est donné tant de mal à recruter.

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Bénéteau
Beneteau tranche dans les fonctions support de ses sites de production français.

Beneteau va fermer ou "mettre en sommeil" cinq unités dont trois en Vendée, son fief. Pour la division bateau, il s’agira des unités de L’Herbaudière, sur l’ile de Noirmoutier, et celle de Challans. Ces deux unités emploient 395 salariés dont 336 opérateurs de production.

L’Herbaudière est spécialisée dans les bateaux à moteur inboard jusqu’à 40 pieds. Quant à l’usine de Challans, elle est chargée de construire les fins de série, ces modèles plus anciens amenés à sortir du catalogue.

Selon le groupe, ces deux sites étaient déjà confrontés à une baisse de leur activité et s’avèrent difficiles à configurer dans le cadre de la stratégie de Beneteau visant à rendre ses usines multimarques. Aujourd’hui, chaque unité correspond à une marque, Jeanneau, Bénéteau, Lagoon… Le troisième site appelé à s’éteindre est un entrepôt logistique employant 15 personnes à Luçon, dans le sud de la Vendée. Il est rattaché à la branche habitat (15 % de l’activité du groupe).

Production américaine rapatriée

Aux Etats-Unis, c’est le site de Marion (Illinois) qui sera arrêté. Il fabrique les bateaux à voile des marques Jeanneau et Beneteau pour le marché américain. Or, ce site connaît une baisse de sa production depuis 10 ans et la tendance ne semble pas devoir s’inverser. Dès lors, la production sera rapatriée sur les sites vendéens et exportée outre-Atlantique, à la demande. Le groupe en finira également avec l’usine de Ljubljana, en Slovénie, issue d’une croissance externe sur le créneau des petits voiliers sportifs. La marque reste au catalogue mais sera produite ailleurs. "Pour les concessionnaires, tout cela sera transparent", fait savoir le groupe.

Réduire le nombre de modèles et de marques

Au total, 710 à 1 390 salariés devront quitter le groupe, soit 8 à 15 % de l’effectif (8 361 au total) selon les accords qui seront trouvés. En France, cette fourchette se situe entre 310 et 760 postes "selon le meilleur scénario, où chacun accepterait les propositions de mutation, et le pire, où toutes les propositions seraient refusées".

En France, l’intention du groupe est de ne pas toucher aux effectifs d’opérateurs de production. Seules les fonctions support sont visées, notamment l’encadrement et les bureaux d’études. Car le groupe a prévu de réduire de 12 à 8 le portefeuille de marques, de ramener de 200 à 120 le nombre de modèles au catalogue tout en supprimant les chevauchements. Ce qui implique moins d'effectifs en conception. C’est en particulier le cas sur le site de CNB Yacht Builder à Bordeaux (Gironde) où l’effectif de production sera épargné tandis que 65 à 75 postes devraient disparaître en fonction support et bureau d'études.

En conservant ses ouvriers, le groupe veut être prêt au rebond quand le marché se réveillera. Il lui faut donc conserver ces savoir-faire manuels si chèrement acquis. On se souvient en effet des contingents de 500 opérateurs recrutés en 2017 puis en 2018 en Vendée pour accompagner alors de solides perspectives de croissance.

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