C’est un nouveau signe de la volonté de faire décoller un Airbus des batteries en Europe. BASF a annoncé le 12 février la construction d’une usine de matériaux actifs pour cathodes (CAM) pour les batteries lithium-ion de véhicules électriques. Elle sera implantée sur le complexe du géant chimique à Schwarzheide, en Allemagne, et devrait démarrer en 2022. Ce qui est également la date désormais annoncée pour la mise en service d’une usine de matériaux précurseurs (CPAM) à Harjavalta, en Finlande, projet qui avait été lancé par BASF fin 2018.
Aides publiques
A l’époque, le groupe avait dévoilé un engagement d’investir au moins 400 millions d’euros pour se positionner en Europe dans ces matériaux destinés à accompagner l’essor d’une filière européenne des véhicules électriques. Pour l’heure, le montant total des investissements envisagés par BASF pour ces deux usines n’est plus précisé, selon un porte-parole. Le groupe chimique allemand cherche d’ailleurs des soutiens publics pour son projet et a candidaté pour recevoir une partie des aides publiques que la Commission européenne a autorisées fin 2019 pour le développement de la filière européenne des batteries.
Fournir 400 000 véhicules électriques par an en Europe

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L’usine de Schwarzheide permettrait de fournir en CAM l’équivalent des besoins d’environ 400 000 véhicules électriques construits par an. Elle offrira aussi un positionnement particulier à BASF en Europe. Le groupe assure que ce projet le placera comme le plus grand fournisseur de matériaux pour cathodes en Europe doté d’une chaîne de valeur sécurisée et intégrée, notamment grâce à l’usine de précurseurs en Finlande. Laquelle dispose d’un contrat à long-terme avec le groupe russe Norilsk Nickel (Nornickel) pour être alimentée en matériaux critiques (nickel et cobalt), depuis un site finlandais de Nornickel.
Filières complètes sur trois continents
Mieux, ce projet européen va faire de BASF le seul producteur au monde de CAM disposant de filières complètes en Europe, en Amérique du Nord et en Asie, assure le groupe allemand. Car si BASF ne produit pas encore ce type de matériaux sur le sol européen, il a déjà démarré aux Etats-Unis et au Japon, depuis 2015. Dans les deux cas, ces productions sont menées en coentreprises, majoritairement détenues par BASF, avec le groupe japonais Toda. Deux sites sont implantés sur le sol américain, à Elyria, dans l’Ohio et Battle Creek dans le Michigan. Dans le sud du Japon, deux usines voisines produisent à Kitakyushu et à Onoda, un site qui a d’ailleurs été agrandi dès 2017.
Energies renouvelables
Par ailleurs, pour ses deux futures usines européennes, BASF prévoit de minimiser au maximum l’impact sur l’environnement. A Schwarzheide, il accompagne son projet d’une modernisation de la centrale existante de cogénération au gaz du complexe et prévoit, dès le démarrage de l’usine en 2022, un meilleur approvisionnement en énergies renouvelables. Sur le site finlandais, la future usine de précurseurs sera alimentée en énergies hydraulique, éolienne et issue de biomasse.



