A l’image du site de Ludwigshafen, plus grand complexe chimique au monde (39 000 salariés, 200 unités de production, 10 km2), les chiffres sont imposants. BASF a annoncé le 17 mars le démarrage d’un électrolyseur d’hydrogène renouvelable au format XXL. D’une capacité de 54 MW, cette unité dispose de quoi produire, à pleine charge, 8000 tonnes d’hydrogène par an, soit environ 1 tonne par heure d’hydrogène fabriqué à partir d’électricité renouvelable. Construit en coopération avec Siemens Energy, cet électrolyseur reposant sur une technologie PEM (membrane échangeuse de protons) se pose comme le plus grand de ce type en Allemagne et probablement au monde. C’est aussi une première pour le chimiste allemand, qui ne disposait pas encore d’une unité d’hydrogène renouvelable sur un de ses sites dans son réseau industriel mondial.
Près de 150 millions d’euros ont été investis pour ce projet baptisé Hy4CHem. BASF n’a injecté que 25 millions d’euros dans le projet, obtenant un soutien du ministère allemand des Affaires économiques et de l’Action climatique de 124,3 millions, approuvé par l’UE dans le cadre des PIEEC (Projets importants d’intérêt européen commun). Un tel soutien public traduit l’efficience des mécanismes d’aide au soutien du développement de l’hydrogène pour l’industrie déjà mis en place en Allemagne. Sur ce sujet, la France accuse du retard, n’ayant présenté que fin décembre 2024 le descriptif de son mécanisme de soutien.
Le projet se concrétise aussi grâce à des contrats d’achats d’électricité (PPAs) garantie renouvelable. Un porte-parole du groupe précise que l’alimentation «proviendra de plusieurs sources», avec «de l’électricité verte d’origine éolienne et solaire». BASF s’appuiera notamment sur les parts qu’il détient dans le champ éolien offshore au large des côtes néerlandaises, le Hollandse Kust Zuit.
L'hydrogène renouvelable utilisé comme matières premières dans les unités de BASF
A Ludwigshafen, cette unité d’hydrogène renouvelable est destinée à approvisionner différentes unités chimiques en matières premières, comme pour des productions d’ammoniac, de méthanol, de vitamines de synthèse, ou encore d’autres intermédiaires. Ce ne sera pas une utilisation énergétique, même si BASF prévoit de mettre à disposition, dans un délai qui n’est pas encore précisé, des volumes d’hydrogène renouvelable produits sur le site pour le développement local de la mobilité hydrogène.

- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
- 109.27-0.46
7 Avril 2026
Pétrole Brent contrat à terme échéance rapprochée$ USD/baril
- 58.7+6.53
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en euros€/baril
Avec des capacités nominales de 8000 tonnes par an, cette nouvelle production d’hydrogène, aussi imposante soit-elle, représentera seulement une toute petite partie des besoins de BASF pour son complexe. Chaque année, le chimiste en consomme 250 000 tonnes. A Ludwigshafen, BASF utilise notamment de l’hydrogène produit dans les procédés de ses installations pétrochimiques, ainsi que par une unité SMR (vapo-reformage de méthane). Cela permettra toutefois de diminuer les besoins du complexe en gaz naturel pour la production d’hydrogène.
72 000 tonnes d'émissions de CO2 évitée par an
Du côté de l’impact environnemental, ce projet Hy4CHem s’inscrit dans les ambitions du groupe, lequel s’est fixé une réduction de 25% de ses émissions de gaz à effets de serre en 2030 par rapport à 2018, et une neutralité carbone à l’horizon 2050. L’unité d’hydrogène permettra à elle seule de réduire de 72 000 tonnes par an les émissions de CO2 du site de Ludwigshafen. Un volume conséquent, mais qui représente seulement, là encore, une partie modeste de l’ensemble des émissions du complexe. En 2023, elles s’étaient établies à 5,13 millions de tonnes.



