Le 22 mai dernier – date désignée par l'Organisation des Nations unies comme la « Journée internationale de la biodiversité » –, le site de Breuil-le-Sec (Oise), appartenant à la division Coatings de BASF, a célébré les dix ans de ses actions en faveur de la biodiversité.
C'est en 2014 que ce site industriel de 43 hectares, qui développe, fabrique et commercialise des peintures et vernis automobiles, s'est lancé dans une ambitieuse démarche de préservation de sa biodiversité locale. « Lorsqu'il y a dix ans, j'ai lancé un appel à volontaires sur notre site, environ une dizaine de personnes déjà en poste ont intégré le groupe. Par la suite, nous avons pris contact avec le directeur du CPIE des pays de l'Oise. Ils ont fait un état des lieux et des propositions de démarches », raconte Philippe Decaudain, coordinateur environnement et expert biodiversité du site. Depuis lors, le Centre permanent d'initiatives pour l'environnement (CPIE) des Pays de l'Oise accompagne et encadre les membres du groupe biodiversité dans la réalisation d'inventaires et de comptages, à hauteur de deux fois par an, et leur fait bénéficier d'une expertise technique.
À l'heure actuelle, l'équipe de treize volontaires, issus de différents corps de métier, dédie entre deux et quatre journées par an à cette initiative. Et leur stratégie biodiversité s'articule autour de quatre grandes thématiques, basée sur des observations au niveau national. D'abord, la protection des hirondelles de fenêtre, une espèce protégée et menacée, en déclin de 33 % sur les dix dernières années. Ensuite, la biosurveillance à travers les abeilles, dont la population s'est effondrée de 40 % pour les sauvages et de 30 % chez les domestiques. À cela s'ajoute la préservation d'une faune diversifiée, sachant que la biomasse des insectes diminue de 2,5 % chaque année. Sans oublier la gestion raisonnable des espaces, à l'heure où les milieux terrestres sont dégradés à 75 %.
Un exemple pour le groupe
En 2014, les équipes ont d'abord mis en place deux jachères à oiseaux de 500 m2 chacune, en concertation avec la Ligue pour la protection des oiseaux. Décision a aussi été prise de préserver une zone naturelle de 2 000 m2, mise en jachère, avec un apport de semences à base de fleurs sauvages mellifères. L'année suivante, le CPIE a formé les membres du groupe à l'analyse et l'identification de la faune et de la flore présentes sur site. À cette occasion, a été mené un inventaire des chauves-souris en sortie nocturne, permettant par ailleurs d'observer des hérissons d'Europe, une espèce protégée surtout le territoire. C'est aussi à cette époque qu'a été défini un protocole de comptage des hirondelles désormais réalisé chaque année, d'avril à septembre.

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En 2016, a ensuite été introduite la biosurveillance de l'environnement par les abeilles, grâce à la création d'un rucher intégrant trois ruches. Et ce, en collaboration avec un apiculteur local et le bureau d'études Apilab, qui ont notamment réalisés des mesures de HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) dans l'air, confirmant l'absence de traces de BTEX (benzène toluène éthylbenzène xylène) sur le site. S'en est suivie, en 2018, l'implantation d'un verger avec la plantation de 29 arbres fruitiers, visant à enrichir la diversité en pollens et en nectars pour les pollinisateurs. L'année suivante, une nouvelle jachère apicole, de 1 000 m2, a vu le jour. À partir de 2020, l'équipe a construit des abris à insectes, a planté une haie de 40 arbustes de fruits rouges et a installé deux bacs à boue pour aider les hirondelles dans la fabrication de leurs nids. Toutes ces actions menant, en 2021, à la signature par la direction du site d'un protocole de suivi de trois espèces d'orchidées. Il y a deux ans, les membres ont aussi commencé à comptabiliser les reptiles, accompagnés par le CPIE qui souhaitait mettre en œuvre au niveau de l'Oise le protocole national de suivi des populations de reptiles. Ont ainsi été aménagées 14 plaques au sol, idéales pour la thermorégulation de ces derniers.
Ces mesures, pionnières au niveau du groupe, semblent déjà porter leurs fruits : à ce jour, plus de 500 espèces, faune et flore confondues, ont été recensées. Parmi elles, le site compte 203 espèces de végétaux, 247 espèces d'insectes ou encore 33 espèces d'oiseaux. C'est respectivement 22 % et 3 % de plus pour les végétaux et les insectes, par rapport à 2017 (dont 39 % de plus pour les abeilles). Et 14 % de plus pour les oiseaux, comparé à 2016.
À l'occasion de cette célébration, Véronique Teintenier, vice-présidente du conseil régional des Hauts-de-France en charge de la biodiversité, a qualifié BASF d' « exemple » pour l'industrie. « À ce stade, on ne peut plus parler de greenwashing. Je remercie BASF de participer à cet effort collectif et de le faire savoir pour inspirer les autres », a-t-elle ajouté.
Un exemple inspirant, le site de Breuil-le-Sec l'est aussi à l'échelle de BASF. En effet, le groupe amis en avant ces mesures locales, œuvrant à protéger la biodiversité, dans la partie biodiversité et écosystèmes de son rapport 2023. Il y mentionne sa volonté de contribuer activement à l'objectif mondial d'inverser et de stopper la perte de biodiversité, d'ici à 2030 – une ambition actée en 2022, lors de la conférence des Nations unies sur la biodiversité (COP15). « Si le site a été reconnu par BASF, c'est que nous sommes en avance par rapport à notre taille », commente Joël Wajsman, le directeur du site de Breuil-le-Sec.
Préserver les écosystèmes en décarbonant
Breuil-le-Sec compte également sur ses mesures de décarbonation pour indirectement préserver la biodiversité. Alors que, d'ici à 2050, le site brigue la neutralité carbone, « il a déjà réduit de moitié ses émissions de CO2 par rapport à 1990, tout en doublant la production », rapporte le directeur du site. D'un audit environnemental (ISO 14001) et énergétique (ISO 50001) réalisé en avril dernier, a été mise en avant la « très bonne valorisation des déchets dangereux, avec moins de trois kilogrammes de déchets non valorisés par rapport à une tonne de produit fini », complète-t-il. Et le site décarbone, soit au niveau des produits, soit au niveau des procédés.
Pour ce qui est des produits, ils sont par exemple passés des peintures solvantées aux peintures aqueuses, qui ne génèrent que de la vapeur d'eau – non-toxique – comme produits d'évaporation. Les équipes travaillent également sur l'origine des matières premières, en faisant appel à des composants biosourcés et en prenant en compte toute l'analyse de cycle de vie du produit.
Du côté des procédés, le groupe s'applique à innover auprès de ses clients pour leur permettre d'économiser de l'énergie et du temps, tout en réduisant leurs émissions de CO2. Comme avec cette « proposition d'une gamme courte en peinture introduite chez Stellantis, pour Peugeot », nous explique le directeur, où il était question de « réduire le nombre d'étapes de séchage, en réduisant le nombre de couches de peinture ». Autre innovation, une gamme de peintures à séchage rapide sous UV pour les carrossiers, qui supprime ainsi « l'étape du tunnel de séchage ». Par ailleurs, ce site Seveso seuil haut opère un système de recyclage des solvants, et brûle les COV (composés organiques volatils) qu'il émet au moyen d'un oxydateur thermique.



