Avant les pizzas Buitoni, de précédents scandales liés à la bactérie E. coli

Les autorités sanitaires ont relié mercredi 30 mars la consommation de pizzas de la marque Buitoni et certains cas d’infections d’enfants par la bactérie E.coli. Si le nombre de contaminations est jugé sans précédent, la bactérie E.coli a déjà été au cœur d'autres scandales, dont un s'était conclu par de la prison ferme.

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E.coli sur de la nourriture
Beaucoup de bactéries escherichia coli sont présentes dans l’organisme, où elles jouent un rôle important dans le bon fonctionnement du système digestif, mais certaines d’entre elles sont dangereuses pour l’organisme.

C'est un nouveau scandale alimentaire, un de plus avec la bactérie E.coli. 75 cas de syndromes hémolytiques et urémiques (SHU), dont 41 cas graves, ont été détectés chez des enfants sur le territoire français, dont certains en lien avec la consommation de pizzas Buitoni, selon la Direction générale de la santé ; 34 cas supplémentaires sont en cours d’évaluation. Deux enfants sont morts suite à ces contaminations, sans que les autorités sanitaires n’aient relié ces décès à la marque. Si Jérôme Jaton, directeur général de Nestlé France, a évoqué l'hypothèse d'une contamination à partir de la farine utilisée dans la pâte à pizza, Eric Oswald, directeur adjoint de l'institut de recherche en santé digestive de Toulouse, a déclaré à L'Usine Nouvelle qu'il serait « très surpris que cela soit à l'origine de l'épidémie car cela signifie[rait] que l'ensemble des stocks de farine de l'industriel serait contaminé ».

Plus de contrôles selon les industriels après un premier scandale en 2005

Une tragédie qui rappelle celle de 2005, où 69 personnes avaient été infectées par la bactérie E. coli suite à la consommation de steaks hachés surgelés de la marque Chantegril. Les industriels assurent depuis avoir revu leurs pratiques dans trois domaines : la qualité hygiénique de la matière première, la maîtrise des contaminations croisées principalement à l’abattoir, et l’efficacité du nettoyage-désinfection de l’atelier de haché. « Les adhérents ont établi un cahier des charges pour la maîtrise bactérienne de la viande hachée, et 40 sites se font ainsi volontairement contrôler une fois par an par un tiers indépendant, depuis janvier 2010 pour certains », déclarait en 2011 une représentante du SNIV-SNCP à L’Usine Nouvelle.

Un décès suite à un nouveau scandale en 2011

En juin 2011 pourtant, une quinzaine d'enfants avaient développé des symptômes SHU après avoir consommé des steaks hachés de la marque « Steak Country » achetés chez Lidl. L'ex-gérant de la société SEB, Guy Lamorlette, qui avait fourni les steaks incriminés, à été condamné en appel en 2019 à trois ans de prison, dont deux fermes, ainsi qu'à 50 000 euros d’amende, à plusieurs milliers d’euros de dommages et intérêts à verser aux familles de victimes, et à une interdiction d’exercer une profession dans le secteur industriel et commercial. La plupart des enfants infectés, à l'époque âgés de 6 mois à 10 ans, ont désormais besoin d'un traitement à vie pour assurer leur bon fonctionnement rénal ; l'un d'entre eux est décédé en 2019 des suites de sa contamination.

Des dizaines de cas en France et en Allemagne en 2013

En 2013, un contrôle qualité avait conduit l'enseigne Dia à retirer du Nord-Ouest de la France des lots de steaks hachés contaminés par la bactérie E.coli ; en 2021, la marque « La Belle Nature » en avait fait de même avec ses propres steaks hachés. Si la bactérie E. coli touche généralement les enfants de moins de quinze ans, les adultes et les personnes âgées peuvent également être concernés. En 2011, une dizaine d’adultes qui avaient consommé des graines germées à l’occasion d’une kermesse avaient été infectés, avant d’être atteints de diarrhées hémorragiques et de syndromes hémolytiques et urémiques. La découverte de cas similaires en Allemagne, où 43 personnes étaient mortes, avait conduit les autorités sanitaires à faire le lien avec des graines importées d’Egypte, même si la bactérie n’avait pas été détectée dans les graines elles-mêmes.

Buitoni déjà mis en cause dans la fraude à la viande de cheval

Avec Findus, Buitoni avait déjà été mis en cause dans un autre scandale (pas sanitaire, mais de tromperie) : celui de la viande de cheval. Des tortellini au « boeuf » commercialisés sous le nom de la marque avait été retirés de France, d'Espagne, d'Italie et du Portugal. Selon un rapport de la Commission européenne, la France présentait alors le taux le plus important de produits alimentaires contenant de la viande de cheval : 13,3% des tests, contre 4,66% en moyenne dans l'Union européenne. En 2017 encore, un trafic de viande de cheval s'étendant dans huit pays avait été démantelé par Europol.

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