Stellantis prépare les esprits à de mauvaises nouvelles. À quelques jours de la publication, mardi 29 juillet, de ses résultats financiers pour le premier semestre 2025, le constructeur publie lundi 21 juillet des chiffres préliminaires et non audités. Objectif : «corriger l’écart entre les prévisions du consensus des analystes et les performances de l’entreprise pour la période», justifie l’entreprise dans un communiqué rendu public à 8 heures, avant l’ouverture des marchés.
Résultat net à -2,3 milliards d'euros
Le constructeur automobile continue de souffrir. Le chiffre d’affaires ressort à 74,3 milliards d’euros, en baisse de 12,6% par rapport à la même période en 2024. Le résultat net est, lui, en négatif de 2,3 milliards d’euros quand le résultat opérationnel ajusté est positif de 500 millions d’euros. Ces résultats sont plus faibles que les prévisions des analystes financiers. Pour mémoire, sur l'ensemble de l'année 2024, Stellantis a enregistré un chiffre d’affaires de 156,9 milliards d’euros pour un bénéfice de 5,5 milliards d’euros, quoiqu'en baisse de 70% par rapport à 2023.
De nombreux facteurs sont invoqués pour justifier cette mauvaise performance. Stellantis dit accuser «environ 3,3 milliards d’euros de charges nettes avant impôts, principalement liées aux coûts d’annulation de programmes et aux dépréciations de plateformes, à l’impact net de la récente législation éliminant le taux de pénalité CAFE (la norme qui encadre, en Europe mais dans ce cas précis aux Etats-Unis, le verdissement des ventes de véhicules neufs, NDLR) et aux restructurations (comme sur l'hydrogène, pour un montant estimé à environ 700 millions d'euros), qui sont exclues du résultat opérationnel courant».
Mais le constructeur blâme également les «impacts négatifs sur le résultat opérationnel courant des coûts de production industrielle plus élevés, des facteurs de mix géographiques et d’autres éléments de mix, et des variations de taux de change». Un peu moins de 300 millions d'euros sont également provisionnés dans le cadre du rappel massif de véhicules équipés d'airbags Takata.

- 1.2539+3.07
3 Avril 2026
Gazole France HTT€/litre
- 2168+2.94
Avril 2026
Demi-produits X5 Cr Ni18-10 (1.4301) - Ecart d'alliage€/tonne
- 0=
Mars 2026
Polypropylène - 05-1-52 Chutes PP rigides naturelsVariation en €/tonne
Le groupe international, qui a suspendu ses prévisions annuelles le 30 avril 2025, estime aussi que «les premiers effets des nouveaux tarifs douaniers américains» ont causé la perte de 300 millions d’euros à Stellantis. En réaction à la politique menée par Donald Trump, le groupe a choisi de réduire sa production pour éviter de dégrader davantage son bilan, mais estime toujours que ces mesures protectionnistes pourraient lui coûter de 1 à 1,5 milliard d'euros sur l'ensemble de l'année.
Facturation en baisse de 7,2%
Au total, les livraisons consolidées sur les six premiers mois de l’année sont en baisse de 7,2%, à 2,65 millions d'unités. Une tendance à la baisse qui n’est pas neuve et confirme les difficultés de Stellantis à entretenir ses parts de marché sur ses deux plaques géographiques principales, l’Amérique du Nord et l’Europe.
Aux États-Unis, ses facturations au deuxième trimestre (le volume de véhicules livrés aux concessionnaires, aux distributeurs ou directement par l’entreprise aux clients de détail et de flotte) «ont diminué d’environ 109000 unités par rapport à la même période en 2024, soit une baisse de 25% en glissement annuel, en raison de différents facteurs dont la réduction de la fabrication et des facturations des véhicules importés les plus touchés par les droits de douane, et la baisse des ventes dans le canal des flottes», indique l’entreprise dans un communiqué.
En difficulté dans l'Hexagone
Le groupe espère par ailleurs que les premiers effets des mesures prises pas son nouveau patron, Antonio Filosa, se feront sentir dans le courant du second semestre. Des lancements commerciaux doivent aussi permettre d'améliorer les ventes. C’est un besoin notamment en Europe (-50000 facturations au second trimestre), avec la commercialisation des nouveaux modèles de Citroën C3 et C3 Aircross, Opel Frontera et Fiat Grande Panda.
Sur le Vieux Continent, Stellantis reste le deuxième constructeur, loin derrière le géant allemand Volkswagen. Entre janvier en mai, les immatriculations du groupe aux quatorze marques sont en forte baisse de 10%, à 751,897 unités. Soit une part de marché qui s’établit à 16,5%, contre 18,2% sur la même période un an plus tôt. Dans l’Hexagone, le constructeur de Peugeot et Citroën est même passé derrière son rival historique Renault.



