En ce mardi 7 mars de mobilisation contre la réforme des retraites, tous les projecteurs sont braqués sur la plateforme pétrochimique de Gonfreville l’Orcher près du Havre (Seine-Maritime), qui emploie 1 500 salariés entre raffinage et pétrochimie. Lors du mouvement social d’octobre 2022, le site avait été le dernier à cesser le mouvement de grève en France.
Quelques mois plus tard, 70 salariés se sont déclarés en grève auprès de la direction (36 à la raffinerie et 34 en pétrochimie) soit 60% des travailleurs postés mardi 7 au matin, selon nos informations. Un pourcentage proche de celui de la CGT qui annonce 75% des travailleurs postés. Sur la plateforme voisine d’ExxonMobil de Port-Jérôme, qui avait été la première à se mettre en grève en octobre 2022, ce sont 30 salariés qui se sont déclarés grévistes mardi matin, selon nos informations.
Des salariés mobilisés dans les entreprises de la zone industrielle
Mardi 7 mars, la CGT insiste surtout sur le blocage de la zone industrielle du Havre. «Les accès à la zone industrialo-portuaire sont bloqués depuis ce matin. Plus rien ne peut entrer. Plus rien ne peut sortir. Nous avons bloqué l’économie havraise», indique Johan Senay, secrétaire adjoint de l’Union locale CGT du Havre et par ailleurs secrétaire adjoint de la CGT chez TotalEnergies à Gonfreville. «Nous avons réussi à mobiliser des salariés dans 72 entreprises de la zone industrielle».
David Marion, le directeur de la plateforme, vit, de son côté, des heures difficiles depuis la vidéo diffusée en interne la semaine dernière dans laquelle il appelait à la «responsabilité» des salariés, les incitant à ne pas se mettre en grève. Il concluait ainsi: «Une bonne disponibilité de nos installations est nécessaire pour justifier les investissements futurs dont la plateforme a besoin, dont la transition énergétique». Cette vidéo, qui a circulé en dehors de l’entreprise, risque de ne pas faciliter les négociations de TotalEnergies avec la CGT. «Notre directeur s’est tiré une balle dans le pied en faisant un chantage aux investissements écologiques», s’insurge Johan Senay. «Il a d’ailleurs été désavoué par la direction générale de TotalEnergies», croit-il savoir.
A l'échelle nationale, le syndicat CGT-Chimie a affirmé mardi matin que les expéditions de carburant étaient bloquées à la sortie de «toutes les raffineries» de France, au nombre de sept sur le territoire.



