Atos veut réaliser 65% de son chiffre d’affaires dans le numérique et Green IT dans 3 à 4 ans

Conformément à son plan stratégique à moyen terme, Atos réaffirme son ambition d’atteindre les deux-tiers de son chiffre d’affaires dans le numérique et le Green IT dans 3 à 4 ans, contre 51% en 2020. Et pour alimenter ce virage, il mise sur ses atouts dans l’économie de la data d’entreprise.

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Atos data center
Datacenter d'Atos

Atos est connu comme un groupe de services informatiques, le deuxième Français derrière Capgemini. Son PDG Elie Girard, qui a succédé en octobre 2019 à Thierry Breton, veut en faire l’acteur de référence dans l’économie de la data de demain. "Notre activité dans les services informatiques traditionnels baisse de façon significative, confie-t-il aux médias à l’ouverture de son événement annuel Atos Technology Days le 7 juillet 2021. Mais nos activités dans la data, le cloud, la cybersécurité et la décarbonation croissent de façon rapide, de 45% par an. Elles représentent 51% de notre chiffre d’affaires aujourd'hui. Notre ambition est d’atteindre les deux-tiers en 2024 ou 2025".

Cet objectif constitue la pièce maîtresse du plan stratégique à moyen terme présenté aux investisseurs par Elie Girard le 24 juin 2020. Il s’appuie sur deux grandes priorités: l’accroissement du poids de ses activités dans le numérique comme le cloud et la cybersécurité, et l’accompagnement des entreprises dans leurs démarches de décarbonation par la dématérialisation, le travail à distance ou encore le contrôle intelligent des équipements.

Grand défi de transformation

Comme IBM, plus grand groupe mondial de services informatiques, Atos est fortement challengé par la révolution du numérique, qui conduit les entreprises à acheter moins de services d’infogérence classiques, au profit d’une migration vers le cloud. Un bouleversement qui profite à plein aux géants d’internet comme Amazon, Microsoft, Google ou Alibaba, mais pose un grand défi de transformation aux entreprises de services informatiques en termes de métiers et de compétences.

Elie Girard voit dans l’économie de la data une belle opportunité pour accélérer la transformation de son groupe. "Au cours des 20 dernières années, l’économie du numérique reposait essentiellement sur les données BtoC du grand public, rappelle-t-il. Nous entrons dans une nouvelle phase, celle des données B2B d’entreprise. L’Europe est bien positionnée pour tirer parti de cette phase".

Atos a profité de son événement pour lancer "Atos Digital Hub", une solution présentée comme unique en son genre par sa capacité à aider l’entreprise à monétiser ses données dans le cadre d’un large écosystème. Le groupe français se positionne en rôle de fédérateur, apportant ses briques technologiques dans le cloud, la cybersécurité ou l’analyse de données, pour que les différents intervenants puissent échanger et valoriser leurs données en toute sécurité et confiance. Il se targue d’être l’un des membres fondateurs du consortium Gaia-X, qui vise à développer un référentiel offrant des garanties d’interopérabilité, de réversibilité des données ou de transparence des offres cloud.

Société technologique

Au-delà des services numériques, Atos se vante d’être aussi, comme IBM, une société technologique présente dans les modules matériels de sécurité, les serveurs à hautes performances, les supercalculateurs, les microserveurs d'edge computing ou demain, l’ordinateur quantique. Autant d’éléments vus comme des atouts par rapport à des sociétés de services numériques purs comme Accenture, DXC Technology, Congnizant, TCS ou Wipro.

Atos compte 100 500 salariés dans le monde, dont environ 16 500 en France, et affiche un chiffre d’affaires de 11,2 milliards d’euros en 2020, en recul de 3% à périmètre et taux de change constants. Dans son plan stratégique, Elie Girard promet aux investisseurs une croissance, à taux change constants, de 5 à 7% par an, et une marge d’exploitation de 11 à 12% à moyen terme. Les acquisitions constitueront l’un des moteurs de ce développement.

Au début de l’année, Atos a tenté de racheter DXC Technology, un groupe américain de services numériques né en 2017 de la fusion de CSC et des services de HPE. Mais les discussions ont avorté, faute d’entente sur le prix. Car si le groupe français fait des acquisitions un axe stratégique de sa croissance, il entend respecter sa sacro-sainte discipline financière.

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