La situation d'Atos se dénoue. Quelques heures après avoir annoncé le choix du consortium Onepoint de David Layani pour sa reprise, le fleuron en déroute a dit mardi être entré en négociations avec Alten pour céder son activité Worldgrid. Les discussions avec le spécialiste français de l'informatique et de l'ingénierie se basent sur une valeur d'entreprise engageante de 270 millions d'euros. La clôture de la transaction devrait être finalisée avant la fin de l'année 2024, précise le groupe.
Worldgrid, qui fournit des services de conseil et d'ingénierie aux entreprises dans le secteur de l'énergie et des services publics, emploie actuellement près de 1100 employés et a généré en 2023 un chiffre d'affaires d'environ 170 millions d'euros, précise Atos dans un communiqué.
Wolrdgrid équipe 15% du parc nucléaire mondial
"Worldgrid est une entreprise unique dont le savoir-faire et l'expertise sont unanimement reconnus. Son positionnement viendrait renforcer et compléter celui d'Alten dans le secteur de l'énergie et des utilities", déclare Simon Azoulay, le PDG d'Alten (4 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 57000 employés en 2023), dans le communiqué.
Atos avait indiqué avoir reçu des offres pour sa filiale ultra-sensible, dont la solution équipe 15% du parc nucléaire mondial, sans préciser de nom. Les noms d'EDF et Framatome étaient évoqués, des députés poussant même pour sa nationalisation temporaire. Le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire s'était, lui, engagé à ce que l'activité de Worldgrid "soit dans le périmètre qui restera sous le contrôle la puissance publique". Reste à voir si cette option lui convient. L'Etat n'a pas de contrôle sur Alten, coté à la Bourse de Paris.
Atos, pour sa part, estime dans son communiqué que "la transaction envisagée assurerait une continuité entière du service pour les clients stratégiques et les employés de Worldgrid".
(Avec Reuters, rédigé par Tangi Salaün)


