Atos dénonce une tentative de «déstabilisation» du fonds Sycomore AM qui réclame la démission de son président

Le conseil d’administration d’Atos a dénoncé mardi 13 juin les propos publiés dans Le Figaro lundi 12 juin de Cyril Charlot, associé-fondateur de Sycomore Asset Management, qui souhaite le départ du président d’Atos Bertrand Meunier et de Léo Apotheker, qui aimerait lui succéder. Il dénonce des «attaques» qui «visent uniquement à déstabiliser» le groupe.

Cyril Charlot, associé-fondateur de Sycomore Asset Management, et Léo Apotheker, ancien PDG de SAP et de Hewlett Packard, n’ont pas pris de pincettes pour exprimer leur point de vue sur la direction d’Atos dans un entretien accordé au Figaro lundi 12 juin. Le représentant de l’actionnaire minoritaire du groupe, qui réclame le départ de son président Bertrand Meunier depuis plusieurs mois et propose pour le remplacer Léo Apotheker, a dénoncé un «bilan est catastrophique à tout point de vue depuis que Bertrand Meunier a pris la présidence d’Atos en 2019». Léo Apotheker a quant à lui déclaré : «Je trouve aberrant que le conseil d’Atos n’ait pas au moins un tiers de ses membres qui comprennent vraiment les métiers et les technologies», estimant cependant que le plan stratégique du groupe «semble aller dans la bonne direction».

Le conseil d'administration d'Atos s'est dit dans un communiqué publié mardi 13 juin «étonné» de ce dernier commentaire, qui valide et à la fois critique la stratégie du groupe. Il dénonce des «attaques» qui «visent uniquement à déstabiliser un groupe mobilisé pour mettre en œuvre son redressement et sa stratégie de création de valeur pour l'ensemble de ses parties prenantes, alors que Messieurs Léo Apotheker et Cyril Charlot ignorent tout du fonctionnement effectif de la gouvernance d’Atos».

L'assemblée générale des actionnaires se tiendra le 28 juin

Sycomore Asset Management, actionnaire minoritaire d'Atos, estime dans un courrier daté du 1er juin adressé à Atos et communiqué à la presse, que Bertrand Meunier a «une part de responsabilité importante dans la crise de gouvernance» à laquelle le groupe a été confronté. Le conseil d'administration d'Atos s'est prononcé à l'unanimité contre une proposition de révocation du mandat d'administrateur de Bertrand Meunier, portée par des actionnaires minoritaires, et qui sera soumise au vote des actionnaires lors de l'assemblée générale du groupe le 28 juin.

Après une période trouble marquée par une crise de gouvernance et de lourdes pertes, Atos a lancé un projet de scission de ses activités digitales et de cybersécurité dans une nouvelle entité rebaptisée Eviden. Ses activités historiques, notamment l'infogérence, seront logées au sein de Tech Foundations, qui a suscité l'intérêt de l'homme d'affaires tchèque Daniel Kretinsky.

Avec Reuters (Rédigé par Kate Entringer, édité par Blandine Hénault)

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