Atos décroche un financement de 450 millions d'euros, incluant un prêt de l'Etat de 50 millions d'euros

Atos a fait un point ce 9 avril sur ses perspectives financières. Il annonce avoir conclu un accord de principe pour un financement de 450 millions d'euros à court terme abondé par les banques et l'Etat.

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Atos AFP NE PAS REUTILISER
Atos se donne un peu d'air avec un financement à court terme.

Une bouffée d'air temporaire pour Atos. L'entreprise française d'infogérance, de cloud et de cybersécurité a annoncé le 9 avril avoir conclu un "accord de principe" sur un financement intermédiaire de 450 millions d’euros. Il est apporté par un groupe de banques (300 millions d'affacturage), un groupe de détenteurs d’obligations (100 millions) et l’Etat (50 millions). Cela devrait lui permettre de tenir jusqu'à la conclusion d'un accord de refinancement avec ses créanciers, qu'Atos espère boucler avant le mois de juillet 2024, dans le cadre d'une procédure de conciliation amiable ouverte fin mars.

Un "droit de regard renforcé" de l'Etat sur les activités souveraines

L'Etat y participe via un prêt du FDES (Fonds pour le développement économique et social) d'un montant de 50 millions d'euros. Il sera accordé à une filiale d’Atos, Bull SAS, qui contrôle les activités sensibles de calcul haute performance. En échange, cela permettra à Bercy d'avoir son mot à dire sur l'avenir de ces activités souveraines. Atos va en effet émettre une action de préférence conférant un droit de regard renforcé de l’État sur ces actifs stratégiques (mais sans lui accorder de droit de vote). Cela constitue "une première étape dans la protection des activités stratégiques du groupe annoncée par le ministre Bruno Le Maire le 19 mars dernier", souligne le ministère de l'Economie dans un communiqué.

Pour la suite, Atos estime avoir besoin de 600 millions d'euros de liquidités (sous forme de dette et de capital) pour financer son activité en 2024 et 2025. Auxquels il faudra ajouter, selon ses prévisions, 300 millions d’euros de nouvelles lignes de crédit renouvelables et 300 millions d’euros de lignes de garanties bancaires additionnelles. Soit un total d'1,2 milliard d'euros. Il voudrait en plus convertir la moitié de sa dette (qui atteint près de 5 milliards d'euros) en actions.

Atos va donc demander à ses créanciers d'effacer une partie de leur dette, et à de nouveaux acteurs d'injecter des fonds. Plusieurs consortiums sont sur les rangs, comme l'actionnaire actuel d'Atos Onepoint qui s'est associé à Butler Industrie. Selon plusieurs médias, Dassault pourrait aussi s'intéresser à certaines activités et l'homme d'affaires tchèque Daniel Krentinsky est aussi sur les rangs. Atos donne aux acteurs du dossier jusqu'au 26 avril pour émettre leurs propositions.

Sur les bases de son périmètre actuel (incluant Eviden et Tech Foundations), l'entreprise prévoit un chiffre d'affaires en baisse de 2,2% en 2024 (à 9,9 milliards d'euros), incluant une chute de 6,6% de l'activité d'infogérance de Tech Foundations. Le nouvel Atos vise 11,4 milliards d'euros de revenus en 2027, avec un taux de marge opérationnelle supérieur à 10%.

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