Arkema se fixe des objectifs environnementaux plus contraignants, scope 3 inclus

Le chimiste français a rehaussé de 38% à 46% son objectif de réduction d’émissions de CO2 à l’horizon 2030 par rapport à 2019. Le projet est d’autant plus ambitieux qu’Arkema y ajoute un plan de bataille pour réduire ses émissions de scope 3.

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Arkema continue d'accélérer la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre de scopes 1 et 2. Sur son centre de R&D Cerdato à Serquigny (Eure), le groupe a par exemple installé des panneaux photovoltaïques. Mais le chimiste français intègre aussi, désormais, des objectifs pour les émissions relevant du scope 3.

Le chimiste français continue de rehausser ses objectifs de réduction de son impact environnemental. Le 7 juillet, Arkema a annoncé deux mesures d’ampleur. D’une part, le groupe ne cible plus, comme annoncé il y a tout juste deux ans, 38% de réduction d’émissions équivalent CO2 à l’horizon 2030 par rapport à 2019, mais une baisse plus marquée de 46%. D’autre part, et c’est une première, cet objectif intègre les émissions de scope 3, qui couvrent les émissions indirectes dans la chaîne de valeur en amont et en aval. Soit les émissions les plus complexes à éviter. Pour tenir ses engagements, le chimiste tricolore envisage de muscler ses investissements récurrents, qui pourraient atteindre un total cumulé de 400 millions d’euros d’ici à 2030. « L'enveloppe d'investissements récurrents devrait plutôt se situer dans une fourchette de 5,5% à 6% du chiffre d’affaires du groupe, contre 5,5% auparavant », précise-t-on chez Arkema.

Des émissions de scope 1 et 2 limitées à 2 millions de tonnes de CO2 en 2030

Concrètement, le groupe vise désormais à limiter ses émissions de scope 1 et 2 à 2 millions de tonnes équivalent CO2 en 2030, en remplacement de l’objectif précédent qui était de presque 3 millions de tonnes. Une baisse de plus de la moitié de ces émissions de gaz à effet de serre a déjà été obtenue au cours des dix dernières années. Pour ses besoins en énergie fournis par des tiers, comme l’électricité, le groupe accélère sur des contrats d’achats certifiés renouvelables et décarbonés. Autre exemple : pour ses propres productions de vapeur, le groupe vise des combustibles alternatifs et travaille sur un programme d’électrification progressive des chaudières de ses sites, sachant qu’elles sont déjà passées ces dernières années d’une alimentation au fioul à une alimentation en gaz naturel. L’efficacité énergétique des activités industrielles est aussi un axe de travail, avec un gain de 15% depuis 2012 et une cible à 25% d’ici à 2030. D’autres axes concernent une amélioration des procédés de production, des gammes de produits moins émissifs et des procédés de captation et de traitement des émissions, indique le groupe.

Une réduction de 46% des émissions de scope 3

Sur le scope 3, le plan de marche est désormais défini, et ce de manière ambitieuse. En 2019, Arkema évaluait cette part de son empreinte carbone à 158 millions de tonnes émises. Il se fixe désormais de le limiter à 85 millions en 2030. L’idée est d’agir sur toutes les catégories relevant du scope 3, mais avec une priorité donnée aux dimensions les plus émissives. Le groupe donne deux exemples. Le premier, concernant l’amont, porte sur les matières premières achetées. Arkema a entamé des démarches avec ses fournisseurs pour qu’ils se fixent des objectifs de scope 1 et 2 afin de réduire l’empreinte carbone de leurs produits fournis. Le second exemple concerne l’aval. Le groupe évoque dans un communiqué une « réduction des activités dans les applications les plus émissives de gaz fluorés » et « le développement de nouvelles générations » de gaz fluorés, comme les HFO. En aval toujours, le chimiste compte sur son innovation, avec la mise au point de matériaux plus durables ou offrant des applications plus durables, comme par exemple dans le domaine de l’allègement.

Un peu plus de deux ans après la publication d’objectifs déjà ambitieux, Arkema accélère donc son plan de marche. Contrairement à nombre d’industriels dans le monde, le groupe n’a pas pris un engagement de neutralité carbone à horizon 2050, une promesse qui sera certainement très difficile à tenir pour certains. C'est peut-être regrettable, mais ça a le mérite d'être honnête. Une porte-parole souligne tout de même un engagement d’Arkema « sur une trajectoire de 1,5°C, contre bien en dessous de 2°C auparavant. 2030 est une étape importante dans le parcours mondial de la décarbonation. C'est aussi notre contribution à l'ambition et aux objectifs plus globaux de neutralité carbone d'ici 2050 soutenus par l'Accord de Paris ».

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