Comme le constructeur automobile Stellantis et l’acteur de la défense MBDA, Arkema a participé à une levée de fonds de 22 millions d’euros de Tiamat, start-up française spécialiste des batteries sodium-ion qui vise une giga-factory près d’Amiens (Somme). Le chimiste français ne détaille ni le montant de sa prise de participation, annoncée le 12 janvier, ni sa part actuelle au capital – laquelle serait minoritaire, selon un porte-parole. C’est la seconde fois qu’Arkema investit dans une start-up française du secteur après son entrée au capital de Verkor en 2021. Loin d’avoir des intentions dans la production de batteries, le chimiste français poursuit sa stratégie d’accélération dans le domaine pour ses matériaux et solutions.
Le segment est stratégique pour le chimiste français. En 2021, lors de l’annonce d’un investissement sur son site de Pierre-Bénite (Rhône) pour renforcer son offre de composants polymères pour les batteries, Thierry Le Hénaff, PDG du groupe, disait «viser environ 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2030» sur ce marché, contre 100 millions d’euros seulement en 2019. Le groupe cible actuellement des «croissances au-delà de 15%» sur ce segment «sur les quatre ou cinq prochaines années», affirme Anthony Bonnet, directeur scientifique mondial de l’énergie du groupe.
Arkema investit dans le développement et les capacités de ses produits pour batteries
Investir dans des start-ups du secteur est un des axes de développement, avec l’objectif «d’être au plus proche des problématiques des clients et de développer nos matériaux de manière plus rapide et efficace», commente encore Anthony Bonnet. En intégrant le capital de Tiamat, Arkema vise un meilleur développement de ses produits dans les batteries sodium-ion, comme pour ses polymères fluorés PVDF (polyfluorure de vinylidène) déjà utilisés comme liants pour les électrodes des batteries lithium-ion. Entre ces deux technologies de batteries, plusieurs solutions du portefeuille d'Arkema seraient assez proches, mais adaptées aux caractéristiques de chacune.
Le chimiste tricolore se dit l’un des rares acteurs actuels à disposer à la fois de polymères fluorés et de solutions acryliques, lesquelles rentrent notamment dans les sels d’électrolyte, dans le domaine des batteries. Ces derniers mois, en plus de nourrir ses investissements industriels pour ce marché comme en France et aux Etats-Unis, Arkema renforce aussi son portefeuille de produits via des acquisitions ciblées. L’an dernier, il s’est ainsi dans l’acquisition de l’acteur allemand Polytec PT pour ajouter des gammes d’adhésifs thermoconducteurs, et de celle du spécialiste sud-coréen de films polyimides PIAM.
Dans le domaine des batteries, Arkema travaille aussi sur les procédés et le recyclage
Les travaux de développement du groupe portent à la fois sur les technologies matures, comme l’inévitable lithium-ion, afin d’améliorer les caractéristiques existantes et de développer de nouveaux produits, mais aussi sur les nouvelles générations. Anthony Bonnet cite par exemple les «batteries tout-solide, semi-solide ou encore les hybrides polymères-céramiques».
Les efforts se concentrent également sur des matériaux et solutions chimiques pour améliorer les procédés de production de batteries existants, comme pour limiter les émissions de solvants en utilisant des produits aptes aux procédés aqueux voire secs. Enfin, Arkema planche aussi sur les pistes de recyclage des batteries, en particulier sur le procédé de recyclage par hydro-métallurgie qui nécessite par exemple du peroxyde d’hydrogène. De fait, l’entrée au capital de Tiamat n’est que l’une des briques de l’avancée du groupe dans le domaine des batteries.



