Stellantis ajoute une nouvelle start-up technologique à son portefeuille d’investissements. Le constructeur automobile, désireux de s’assurer un approvisionnement en batteries à prix compétitif grâce à de possibles technologies de rupture, a annoncé vendredi 12 janvier son entrée au capital de la start-up française Tiamat Energy. Cet investissement, dont le montant n'est pas communiqué, se fait par le biais de sa filiale Stellantis Ventures. Fondé en 2017 et installée à Amiens (Somme), Tiamat est un spin-off du CNRS spécialisé dans la technologie des batteries sodium-ion.
La jeune pousse picarde commercialise depuis quelques mois ses batteries cylindriques dans des perceuses de la marque Dexter (vendues chez Leroy Merlin). Elle veut maintenant passer à la vitesse supérieure en industrialisant ses solutions en France. Forte de 25 salariés et d'une première levée de fonds de cinq millions d’euros en 2021, elle réalise actuellement un nouveau tour de table afin de financer la construction de sa première usine près d’Amiens.
Le projet devrait coûter au total 500 millions d’euros. La première tranche de financement de 150 millions d’euros doit être débloquée dans les prochains mois pour concevoir un outil de production d’une capacité de 0,7 GWh d’ici à début 2026. La future unité de production devrait être dédiée aux applications électroportatives et stationnaires.
Le travail de recherche se poursuit
Des extensions pourraient permettre au site d’atteindre une capacité de 5 GWh en 2029 afin de produire des batteries dédiées à l’hybridation aéronautique, navale et peut-être… automobile. «L’entrée de Stellantis au capital nous permet d’acter cette industrialisation dans les Haut-de-France et permet de supporter l’évolution de la technologie pour d’autres besoins», a salué le dirigeant de Tiamat, Hervé Beuffe, lors d’une conférence de presse en ligne. Car si des premières applications de batteries sodium-ion sont possibles, des avancées sont nécessaires avant que des batteries de ce type puissent équiper nos voitures. Depuis quelques années, Tiamat collabore notamment avec l’équipementier Plastic Omnium afin de développer des packs batteries de 48 volts pour les véhicules hybrides.
Pour Stellantis, il s’agit de miser sur une technologie capable de supplanter à terme la technologie LFP (lithium-fer-phosphate), électrochimie en pleine expansion et qui équipera ses prochaines voitures d’entrée de gamme, comme la Citroën eC3. «La chimie des batteries sodium-ion promet de réduire les coûts, d'accroître la durabilité, d'améliorer les performances à basse température et d'accélérer la capacité de charge, justifie Stellantis. La technologie sodium-ion offre un coût inférieur par kilowattheure et ne contient pas de lithium ni de cobalt». «Il y a encore du travail pour développer cette technologie et la rendre compatible avec les attentes du monde automobile», confirme Pierre Macaudière, en charge du sujet chez Stellantis. La course est lancée, alors que de premiers prototypes ont vu le jour en Chine, à la pointe dans ce domaine.



