Actualisation du jeudi 23 avril : Renault s'apprête à redémarrer progressivement trois usines françaises de production de composants la semaine du lundi 27 avril. En parallèle, chez PSA, le chômage partiel risque de se prolonger. Le recours à ce dispositif pourrait être étendu "jusqu'à fin juin", a expliqué Olivier Lefebvre, délégué FO chez PSA cité par Ouest France. Consultés le 21 et 22 avril, les comités sociaux et économiques (CSE) des différents sites PSA auraient approuvé la poursuite du chômage partiel après fin avril, date à laquelle devait prendre fin ce dispositif chez PSA. "Il faut des commandes pour relancer un site industriel, argumente le délégué FO Olivier Lefebvre auprès de Ouest France. [...] L'idée n'est pas de remettre en route et puis de s’arrêter. Jusqu’à fin juin, on suppose qu’on ne va pas redémarrer la production à pleine cadence."
C’est le premier à se remettre en selle. A Onnaing (Nord), le constructeur japonais Toyota a annoncé la réouverture de son usine mardi 21 avril. Une décision "approuvée à une large majorité par les élus du CSE" indiquait l’entreprise dans un communiqué publié à la mi-avril, et qui suppose la présence "d’une seule équipe de jour pendant deux semaines avec des horaires aménagés". "L’objectif des premiers jours sera pour les salariés de prendre connaissance des mesures sanitaires mises en place, [et] de se former au respect strict de ces mesures", précisait Toyota le 16 avril dernier. La production des Yaris doit repartir le 23 avril, a indiqué le président d’Onnaing, Luciano Biondo.
A quand la reprise de l’activité ? La question agite également les deux constructeurs français, Renault et PSA.
Après avoir suscité la crispation des syndicats en annonçant le 30 mars une "reprise d'activité sécurisée et progressive" en France et en Europe, le groupe PSA a signé au début du mois d’avril un accord social solidaire avec quatre organisations représentant 80% de ses salariés français (FO, CFE-CGC, CFTC et CFDT) validant la mise en place d’un "protocole de mesures sanitaires renforcées" dans ses usines de production, de vente et ses sites tertiaires. En cas de reprise, les salariés disposeront de deux masques par jour, et quatre pour ceux faisant du covoiturage.

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Une reprise progressive
Le port de lunettes sera également obligatoire pour les salariés. Des mesures de distanciation sociale sont aussi prévues par le groupe pour éviter les contacts entre salariés, précise une porte-parole de PSA à L’Usine Nouvelle. Depuis cette annonce début avril, "ce protocole a été adopté par nos sites en Europe, et les audits internes visant à s’assurer que toutes les mesures ont été correctement mises en place sont en train de se terminer", ajoute la représentante du constructeur au Lion.
En la matière, l’usine de production d’utilitaires de Hordain (Nord) apparaît particulièrement avancée. Marquages au sol, affiches, gel-hydroalcoolique y ont été déployés pour permettre le redémarrage.
Le constructeur détaille ces différentes mesures dans une vidéo.
"Il faut tout de même compter un délai de cinq jours avant que la reprise soit effective, le temps de mettre en chauffe la peinture et de vérifier la logistique", précise-t-on chez PSA. Dans un premier temps, des volontaires devraient assurer le redémarrage de l’usine. Mais aucune date de reprise n’est pour l’instant clairement communiquée. D’après un article de Challenges, le constructeur au Lion aurait choisi de reporter la date de réouverture de ses usines françaises au 27 avril. Avec des dates différenciées par site ? "Les usines de mécanique et les fonderies pourraient repartir en premier", estime Franck Don, délégué syndical central CFTC au sein du groupe PSA.
Chez Renault, Flins en pointe
Chez Renault, les sites s’adaptent également aux nouvelles manières de produire. "La reprise se fera usine par usine et avec peu de personnes pour commencer", précise une porte-parole du constructeur. D'abord dans trois usines de composants (Cléon, Le Mans et Choisy-le-Roi cette semaine, puis dans une usine d'assemblage (Flins) la semaine prochaine.
"La production en France ne devrait pas repartir avant la deuxième semaine de mai", juge un délégué syndical.
Une date qui serait en phase avec le déconfinement progressif annoncé en France et dans d’autres pays européens… Et donc avec une possible reprise du commerce automobile. De quoi permettre d’écouler les futurs véhicules produits, ainsi que les nombreux modèles stockés depuis le début du confinement par les constructeurs. Dans un communiqué, le groupe PSA dit avoir à disposition, à la fin du mois de mars, une réserve de 715 000 véhicules neufs à travers le monde. A condition que les clients retournent en concession et ne choisissent pas de retarder pas leur achat automobile, comme le craignent certains spécialistes du secteur.
Chaîne d’approvisionnement mondialisée
Sans attendre la reprise chez leurs donneurs d’ordre, les équipementiers ont amorcé le redémarrage de leurs activités. Chez Plastic Omnium, "50 usines ont rouvert leurs portes" dans le monde, précise Stéphane Noël, directeur général de la division "Intelligent Exterior Systems". Quatre sites français sont concernés. De quoi permettre de réponde à la demande de certains constructeurs hors de l’Hexagone. Deux usines françaises de Plastic Omnium alimentent ainsi les besoins du constructeur suédois Volvo. Depuis la fin du mois de mars, le fabricant de pneumatiques Michelin a également relancé progressivement l’activité dans ses usines françaises.
Mardi 21 avril, Valeo a annoncé avoir conclu un accord en France avec les organisations syndicales CFE-CGC, CFDT et FO qui "concilie un double objectif, celui d’assurer la protection maximale des salariés et celui de permettre une reprise progressive d’activité", précise l’équipementier dans un communiqué. De quoi permettre d’accompagner les constructeurs français… Et étrangers. Mais la production automobile hexagonale dépend aussi de certaines usines installées dans des pays où la reprise n’est pas encore à l’ordre du jour. Une chaîne d’approvisionnement complexe et mondialisée qui va devoir suivre pour permettre le redémarrage des usines terminales des constructeurs.



