Après la récolte catastrophique de pommes de terre, les industriels s'organisent

La sécheresse a provoqué un décrochage de rendement de l'ordre des 20% sur la production française de pommes de terre, alors que la récolte a débuté en septembre. Si la pénurie dans les rayons devrait être évitée, les principaux industriels du pays anticipent des surcoûts pour leur approvisionnement.

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Ligne de production de chips.

Gros sur la patate. La récolte en cours confirme les craintes dont l’Union nationale des producteurs de pomme de terre (UNPT) s’était faite l’écho début septembre. Parole de producteur, c'est le pire millésime «depuis vingt ans», avec une baisse de rendement moyen autour de 20% sur le territoire national par rapport à la moyenne des vingt dernières années.

L’appétit des Français pour les chips et les frites ne va pas se calmer pour autant. Une équation que devront résoudre les industriels sur l’année. «Nous sommes issus d’une coopérative qui couvre, en temps normal, 80% de nos besoins, détaille Charles-Etienne Le Renard, responsable des opérations chez Intersnack, groupe qui possède notamment la marque de chips Vico. On complète avec 10% de pommes de terre des Landes qu’on achète pour faire la jonction, à l’été, entre les deux récoltes, et on prend le reste sur le marché en fonction de nos besoins.»

Aller sur le marché

C’est donc cette dernière tranche, celle des achats sur le marché, qui est vouée à augmenter pour compenser les pertes. L'organisation est similaire chez McCain, roi incontesté de la frite surgelée, qui s’appuie sur un réseau de 800 agriculteurs contractualisés. Les deux groupes annoncent des surcoûts liés à ces achats sur le marché : Intersnack parle de «7 à 8% de surcoût sur le budget pomme de terre », McCain estime que ces achats se feront à un prix «deux fois» plus élevé que ce qui a été contractualisé avec les agriculteurs. Ce qui promet une inflation sur le prix du produit en rayon, en sus de toutes les hausses constatées sur les matières premières et l'énergie. Et McCain d’insister auprès de l’Usine Nouvelle : «Chaque acteur de la chaîne alimentaire a un rôle à jouer». Une fois n'est pas coutume, la pression est mise sur les distributeurs.

Le consommateur, lui, si rien n’est encore dit du montant de la hausse qui lui sera remontée, devrait trouver de quoi garnir son assiette. Pour cause : la France est premier exportateur mondial de pommes de terre fraîches. Ces exportations devraient logiquement pâtir de la baisse des volumes récoltés sur le territoire national. La sécheresse n'ayant pas sévi seulement en France, il faudra surveiller aussi la balance côté importations : l'Hexagone est le troisième importateur mondial de pommes de terres transformées.

Les deux groupes assurent toutefois que leurs partenaires habituels pour la production ne seront pas sanctionnés sur les volumes manquants. «On va voir avec eux les manières de lisser», indique Charle-Etienne Le Renard. «Ces industriels sont assez vertueux, glisse-t-on du côté des groupements de producteurs. On est confiant, même si on n’a toujours pas d’accord à ce stade. Il y a plus de contrainte des sanctions du côté des clients belges. Certaines exploitations risquent de prendre le bouillon.»

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