Les signaux sont au rouge pour l’industrie française. ArcelorMittal envisage la fermeture de deux sites en France. La situation morose du site de Reims était déjà signalée depuis plusieurs années et évoquée de manière implicite par les syndicats. Bien qu’ArcelorMittal soit un acteur majeur dans la ville, où il possède trois autres sites (Distribution Solutions France, Construction France et ArcelorMittal Services), chacun comptant entre une dizaine et plusieurs dizaines de salariés, son désengagement est désormais manifeste.
Baisse du volume de production
À Reims, sur le plus grand des quatre sites, l’activité a chuté de manière drastique. Selon des sources concordantes, le volume de production est passé de 260000 tonnes de pièces métalliques traitées en 2021 à 140000 tonnes en 2023. «On est en train de démanteler AMCS», avait alerté Sébastien Rehmet, élu du CSE et délégué syndical CGT, en 2021 dans L'Union, après la décision du groupe de se séparer de certaines machines de production. Il voulait alors tenter de relancer une activité en sommeil, décision qui avait provoqué une mobilisation sociale.
Malgré cette tension, le groupe a investi après la crise du Covid. ArcelorMittal a lancé un programme de modernisation sur trois ans, débuté en 2020. Parmi les projets notables, le redémarrage d’un laminoir à Reims. Ces transformations ont été accompagnées d’un investissement de 1,9 million d’euros. Une réorganisation de l’activité de refendage était envisagée, avec un risque de délaisser le site de Reims, entraînant un appel à la mobilité interne et à certains reclassements, avec la garantie que les salariés concernés conserveraient leur ancienneté et leur rémunération. La question de l’efficacité de ces investissements se pose désormais.
ArcelorMittal tacle les exportations chinoises
Le site de Reims emploie à lui seul 330 personnes dans des secteurs variés, tels que la vente, l'approvisionnement, la logistique, la maintenance et la production. À cela s'ajoutent 100 employés chargés de l'informatique pour l’ensemble du groupe en Europe et 20 personnes dans le service financier.
Cette décision intervient dans un contexte économique difficile pour la sidérurgie européenne. ArcelorMittal, deuxième producteur mondial d’acier, souffre d'une forte baisse d'activité chez ses clients industriels et dans le secteur automobile, une tendance qui s’est accélérée ces derniers mois. Le groupe est également impacté par les surcapacités chinoises, qui inondent le marché avec des produits à bas coût, et par la pression exercée sur les aciéristes européens, contraints d’investir dans la décarbonation de leurs processus. Afin d’améliorer sa compétitivité, ArcelorMittal cherche à réduire ses coûts fixes et à renforcer sa rentabilité face à la concurrence internationale. Contacté par L’Usine Nouvelle, ArcelorMittal n’a pas répondu à nos questions.



