Apple joue le trublion dans les puces

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Apple franchit une nouvelle étape dans sa stratégie d’intégration verticale en décidant de motoriser ses futurs Mac par des puces maison, comme il le fait déjà pour ses iPhone, ses iPad et pour tous ses autres produits. La victime de cette décision est Intel, qui fournit les processeurs des Mac depuis quinze ans. À la clé, la perte 5 milliards de dollars de chiffre d’affaires, selon des analystes. Depuis 2010, Apple s’attache à maîtriser les puces clés de ses produits, avec l’obsession de se différencier sur le marché. Il le fait sur un modèle"fabless", se contentant de concevoir ses circuits, puis d’en confier la fabrication à des fondeurs, sortes de sous-traitants, comme le taïwanais TSMC. Son activité dans les puces pesait déjà 5,4 milliards de dollars en 2019, selon le cabinet Omdia. Son passage à des processeurs maison pour ses Mac devrait le propulser dans le top 10 mondial des acteurs des semi-conducteurs, avec une taille comparable à celles de STMicroelectronics, Infineon et NXP. Cette stratégie d’intégration verticale dans les puces avait déjà fait de nombreuses victimes : Samsung, Imagination Technologies, Dialog... Le prochain sur la liste est Qualcomm, qui fournit les modems 5G des prochains iPhone. Dans deux ou trois ans, il devrait être éjecté au profit de modems maison, ce qui entraînerait la perte de 2 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Apple est regardé comme un modèle. Ce qu’il fait est scruté par tous ses concurrents. Son exemple dans les puces a été déjà imité par ses deux plus grands compétiteurs dans les mobiles, Samsung et Huawei, qui ne vont toutefois pas jusqu’au bout de la démarche. Le sera-t-il dans les PC par Lenovo, HP et Dell ? Ils en ont en tout cas les moyens. L’effet en serait dévastateur pour Intel, qui anime aujourd’hui 85 % des PC écoulés dans le monde. 

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