Les entreprises de la métallurgie européennes, grande consommatrices d'énergie, cherchent la parade face à l'explosion des prix du gaz et de l'électricité. Certaines ont déjà annoncé des baisses de production comme Aldel et Nyrstar aux Pays-Bas, Yara en Norvège, ou encore ArcelorMittal en Allemagne. Dans ce contexte, Aluminium Dunkerque, dans le département du Nord, devrait réduire sa production de 20%, selon les informations de l'agence Reuters. "C’est un très très mauvais signal", explique une source qui précise que c'est la deuxième fois dans l'histoire de l'usine qu'une telle décision est prise.
Aluminium Dunkerque a une capacité de production d'environ 285.000 tonnes d'aluminium par année et emploie plus de 600 salariés. Selon la Voix du Nord, qui a publié initialement l'information, 54 des 264 cuves d'électrolyses seront mises à l'arrêt. Les conséquences sur l'emploi concerneraient surtout les 200 sous-traitants qui travaillent régulièrement dans l'usine.
L'électricité représente environ un tiers des coûts de revient de l'entreprise, dit la source qui précise que la consommation en électricité d'Aluminium Dunkerque équivaut à la consommation de l'agglomération de Marseille.
L'entreprise bénéficie pour une partie seulement de sa production des tarifs régulés de l'Arenh (Accès régulé à l'électricité nucléaire historique), selon une source syndicale. Pour le reste, elle doit se fournir au prix fort sur les marchés, ce qui pèse sur sa rentabilité.
Avec Reuters (Caroline Pailliez et Gus Trompiz, édité par Nicolas Delame et Jean-Stéphane Brosse)


