Alstom est prêt à revendre sa participation de 20% dans Transmashholding (TMH) au fabricant russe de wagons d'ici la fin de l'année, a fait savoir vendredi 17 novembre l'agence de presse Interfax, citant le directeur de TMH, Cyrille Lipa. En mars 2022, Alstom avait annoncé la suspension de toute livraison et de tout investissement futur vers la Russie, en réponse à l'invasion décidée par Moscou de l'Ukraine. Deux mois plus tard, le groupe ferroviaire déclarait avoir comptabilisé une dépréciation de 441 millions d'euros sur TMH en raison de l’offensive.
Interrogé sur le calendrier de cession de la participation d'Alstom dans TMH, Cyrille Lipa a répondu «d'ici la fin de l'année», sans vouloir apporter plus de précisions. Alstom n'a pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaires. L'entreprise française, qui détient une participation dans TMH à titre d'investissement, a déclaré qu'il n'existait aucun lien commercial ou opérationnel important entre elle et TMH.
Un vaste plan de désendettement
Ce retrait de l’entreprise russe à venir intervient alors que le géant du ferroviaire a perdu près de 40% de sa valeur en bourse au mois d’octobre après avoir annoncé une consommation de trésorerie bien supérieure aux prévisions. Cela s’explique en grande partie par le fait que le groupe, qui continue à payer l’intégration de Bombardier, a acheté massivement pour éviter les ruptures de sa chaîne d’approvisionnement et honorer ses nombreuses commandes en temps et en heure.
Pour tenter de se désendetter de 2 milliards d’euros d’ici 2025 (sa dette s’élève actuellement à 3,4 milliards d’euros), Alstom a présenté mercredi 15 novembre 2023 un vaste plan de sauvetage. Il prévoit notamment la suppression de 1 500 postes à travers le monde dans les fonctions support, la cession de 500 millions à 1 milliard d’euros d’actifs et une éventuelle augmentation de capital.
Avec Reuters (Reportage Reuters, Gleb Stolyarov, rédigé par Alexander Marrow ; version française Lina Golovnya, édité par Blandine Hénault)


